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J’ai reçu l’invitation il y a un mois ou deux. Wow! 10 ans déjà. Sur l’événement Facebook, ma réponse a été immédiate: attending. Mon billet est acheté et je compte presque les dodos (OK, j’exagère un peu mais quand même) avant mes retrouvailles du secondaire.

Certains me trouvent over excitée, over motivée, over toute en lien avec cette fameuse soirée qui approche dangereusement. Je mets de la pression aux quelques amies de l’époque que je côtoie toujours pour qu’elles confirment leur présence. Certaines me disent que les retrouvailles c’est dépassé, qu’on n’a plus besoin de ça pour savoir ce que nos anciens camarades de classe font aujourd’hui. C’est vrai. En quelques secondes sur Facebook ou sur Instagram, on peut retrouver la bollée qui est devenue avocate et qui a l’air de faire beaucoup trop d’argent, le gars qui donnait toujours son opinion politique (trop complexe pour nos cerveaux de secondaire 4) qui est candidat aux prochaines élections, le gars un peu dodu qui est devenu un adepte de crossfit découpé au couteau, la fille qui chantait à chaque occasion qu’on a finalement vue à La Voix la dernière saison… C’est vrai, ils sont tous là sur notre écran, à quelques clics près.

Mais qu’est-ce que leur profil nous dit vraiment sur eux? Est-ce que le like qu’on a posé sur leur photo de famille à Noël l’an passé signifie qu’on sait qui ils sont devenus? On n’entend pas leur voix, on n’entend pas leur rire qui résonnait jadis dans les corridors, on ne les regarde pas dans les yeux quand on clique sur leur nom pour aller les stalker. On voit juste défiler des photos de leur vie numérique qui n’a peut-être rien à voir avec leur réalité.

Les retrouvailles à l’ère du numérique n’ont plus la même utilité. Avant, on y revoyait des anciens amis (et des ennemis aussi) pour découvrir les adultes qu’ils étaient devenus et ce à quoi ils ressemblaient avec 10 ans de plus. Maintenant, je crois qu’on y va simplement pour avoir un contact humain avec ces gens qui ont partagé les années déterminantes de notre vie. C’est ça la clé: le contact humain. Parce qu’une visite sur un profil Facebook, c’est loin d’être suffisant. Parce qu’un like ou un commentaire envoyés sporadiquement, ça ne suffit pas non plus. On peut en apprendre tellement plus sur quelqu’un en lui parlant de vive voix, face à face. On peut reconnecter en échangeant un simple regard, parce qu’on avait oublié les yeux brillants auxquels les selfies dans le miroir n’ont pas rendu justice.

Je suis consciente qu’il y a des gens pour qui le secondaire ne rappelle pas de si bons souvenirs. Ceux qui ont encaissé des commentaires plates pendant cinq ans ou ceux qui se cherchaient encore à l’époque auront peut-être pas mal moins envie d’y replonger. J’espère de tout cœur que les adultes qu’ils sont devenus s’y présenteront fièrement, épanouis, bien dans leur peau, et qu’ils feront la paix avec les vieilles années.

C’est pour ça que je suis excitée à l’idée d’aller aux retrouvailles: je veux parler, écouter, reconnecter, gesticuler, rire, me souvenir, redécouvrir. Autant je défends vivement les réseaux sociaux sur des tas d’aspects, autant je refuse qu’ils remplacent cette occasion de se retrouver après 10 années. Oui je suis attending sur Facebook, mais l’important c’est que j’y serai en chair et en os, le cœur avide d’un réel contact humain. Parce que c’est ça les retrouvailles, même à l’ère du numérique.

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