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Une amie proche vient de perdre une personne très importante pour elle et vit actuellement un deuil qui, je peux le comprendre, est extrêmement difficile. Comme beaucoup de gens le font, elle a partagé quelques photos de cette personne sur Facebook avec un petit mot pour lui rendre un dernier hommage, lui dire au revoir et, surtout, pour que le plus de gens possible sachent à quel point elle l’aime.

Sous la publication: «Mes condoléances». Je défile les commentaires et je lis cette phrase qui se répète maintes fois sous les photos, mais moi je ne l’écris pas. J’ai depuis longtemps un malaise avec ces mots qu’on est pratiquement tenus de dire à une personne endeuillée pour lui signifier qu’on est avec elle, qu’on la comprend. Par définition, il s’agit du «témoignage de regrets et de la participation à la douleur d’autrui, en particulier à l’occasion d’un deuil». Si on se fie à la définition, ce serait effectivement les mots tout indiqués à envoyer à mon amie, mais je les trouve impersonnels, je les trouve froids.

La première fois que j’ai été confrontée à la mort et au deuil, j’avais 16 ans. Mon grand-oncle Germain, qui était le grand-père que je n’avais jamais eu, est parti en laissant un grand vide dans mon cœur fragile d’ado. Au salon funéraire – où je mettais les pieds pour la première fois – j’entendais «Mes condoléances» à l’infini, comme un écho entre les quatre murs où je voyais le visage de mon mononcle que j’aimais tant pour la dernière fois. Je n’arrivais pourtant pas à trouver dans ces deux mots le réconfort dont j’avais besoin. Je les trouvais vides et je trouvais qu’ils manquaient d’originalité, ces deux petits mots faciles que tout le monde prononçait en entrant et en donnant deux becs aux membres de la famille.

En fait, à bien y penser, je n’avais pas envie de lire ni d’entendre ces mots, mais pas seulement ceux-là: n’importe quels mots. J’avais juste besoin que des bras m’enlacent, me serrent fort et me fassent sentir qu’ils étaient là pour me rattraper si je tombais. Car dans ces moments-là, il n’y a véritablement aucun mot qui puisse apaiser la douleur, mais il semble que le contact de quelqu’un qui nous prend dans ses bras sans rien dire nous permette de délester ne serait-ce qu’un peu de la tristesse qui pèse lourd sur notre cœur.

C’est plate, parce que je ne peux pas prendre mon amie dans mes bras en ce moment. Je ne peux pas lui faire sentir que je la comprends et l’inviter à laisser un peu de sa peine sur mes épaules en y déposant sa tête. Et je ne suis pas capable de lui écrire «Mes condoléances», parce que je voudrais lui offrir tellement plus que ça. Alors, parce que c’est ce que je peux lui offrir qui se rapproche le plus de l’étreinte sincère dont elle a sûrement besoin en ce moment, je lui écris tout simplement «Je t’aime».

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