Je rédige cette chronique depuis 10 ans. Il me vient souvent des pensées au hasard qui finissent en chroniques ou en histoires, mais bien d’autres restent ce qu’elles sont : des pensées éparses.

Elles ne semblent pas vouloir se développer en autre chose que les vestiges de ma banque d’idées. Mais, comme je suis trop obsédé pour abandonner mes bébés, aussi rabougris soient-ils, je voulais les partager. Voici donc pour ce qu’il vaut, un échantillon de ces pensées éparses :

  • Le bonheur n’est pas ce qu’on a, mais la capacité d’apprécier ce qu’on a.
  • Si vous vous faites couper le chemin, en voiture, dites-vous: «Quelqu’un m’a coupé», ou «un Asiatique m’a coupé»… ou «un Noir m’a coupé»… ou «une grosse femme m’a coupé»? Ces qualificatifs servent-ils à autre chose qu’à alimenter les préjugés? Et aviez-vous remarqué l’Asiatique qui ne vous avait PAS coupé la route?
  • S’il vous arrive d’être en présence d’un crétin, vous n’êtes pas le seul. Mais si vous pensez que le monde est uniquement peuplé de crétins, le seul véritable crétin est celui que vous voyez dans le miroir.
  • Nous connaissons tous de bons professeurs. J’entends par là des gens qui ont un talent naturel pour communiquer des idées. La plupart d’entre eux n’ont pas de diplôme en enseignement. Alors, pourquoi insistons-nous sur l’obtention de diplômes en enseignement? L’enseignement peut-il vraiment s’enseigner?
  • Avez-vous déjà remarqué que certaines personnes mènent constamment un combat qui n’existe pas?
  • Nous aggravons davantage les problèmes en réagissant trop qu’en ne réagissant pas assez.
  • Pourquoi acceptons-nous avec joie les louanges par association («Hourra! Nous avons gagné une médaille d’or, aujourd’hui!»), mais jamais la culpabilité par association («Ces mafieux nous donnent une mauvaise réputation, à nous, les Italiens.»)?
  • Pourquoi parlons-nous toujours de bons hôpitaux et de bonnes universités, alors que dans ces établissements travaillent aussi de mauvais médecins et professeurs?
  • Bien des contre-attaques sont le résultat d’une première attaque imaginaire.
  • L’histoire est ce qui rend les lieux intéressants. Sans elle, Omaha Beach (une des plages du débarquement en Normandie) ne serait qu’une plage, et le Colisée ne serait qu’un vieil édifice circulaire. C’est l’histoire qui donne la chair de poule.
  • Le manque de confiance détruit toutes les relations.
  • Respectez ceux qui vous enseignent la FAÇON de penser. Ne respectez pas ceux qui vous enseignent QUOI penser.
  • L’homme qui se croit généreux donne moins. L’homme qui se croit égoïste donne plus. Le monde considère le premier comme égoïste, et le deuxième, comme généreux.
  • Si quelqu’un vole un million de dollars à une personne, on le considère comme un criminel. Est-ce moins un crime si une personne ou une entreprise vole un dollar à un million de personnes?
  • L’instinct territorial aide les animaux à survivre en protégeant leur zone d’alimentation. Les humains s’entretuent à cause d’une ligne tracée dans le sable, même s’il y a assez de nourriture pour tous. Devons-nous être les esclaves de nos instincts?
  • L’ex-analyste sportif dit toujours que c’est l’expérience qui a joué lorsqu’une équipe de vétérans gagne la partie. Lorsqu’une équipe de jeunes gagne, c’est parce qu’ils ont une attitude détendue, «rien à perdre».
  • L’idée qu’un rebond aléatoire ou une déviation a été le seul facteur déterminant n’effleure jamais l’esprit de l’expert.
  • Si un enfant né avec un syndrome d’alcoolisme fœtal devient criminel par la suite, à quel moment avons-nous cessé de nous apitoyer sur l’enfant pour blâmer l’adulte qu’il est devenu?
  • Je suis certain que les jus de raisin comportent les mêmes distinctions subtiles que les vins, mais en l’absence d’alcool, qui se soucierait de savoir de quelle région de la France ils proviennent? Ce n’est que du jus.
  • La plus grande illusion, en ressources humaines, est que tous ceux qui sont «qualifiés» pour un poste sont égaux. Comme nous ne pouvons pas évaluer les compétences de manière fiable, nous nous fions à l’expérience pour déterminer qui décrochera un emploi.
  • La valeur ne repose pas uniquement sur la rareté des objets. La familiarité ne devrait pas occulter la beauté intrinsèque des choses.
  • À quel âge les bulles cessent-elles d’être fascinantes?
  • La personne heureuse et la personne malheureuse vivent dans le même monde.
  • Demandez-vous comment vous vous êtes liés d’amitié avec une certaine personne. Cherchiez-vous à vous faire un ami, ou quelqu’un s’est-il présenté alors que vous faisiez autre chose?
  • Bien des protestataires se considèrent comme le prochain Gandhi ou Rosa Parks. Mais la plupart d’entre eux ne sont que des gens qui aiment lancer des pierres dans des fenêtres ou vaporiser leur nom sur des viaducs.
  • Vous pensez peut-être que pour que quelque chose soit bien fait, vous devez le faire vous-même. Mais ce que cela signifie réellement, c’est que si vous voulez qu’une chose soit faite à VOTRE façon, vous devez la faire vous-même.
  • Il n’existe aucun lien entre le sucre et l’hyperactivité. Aucun!
  • … et enfin, une statistique effarante: la personne moyenne peut conduire en état d’ébriété 200 fois avant de se faire arrêter.

Bon, j’ai encore trouvé un coin où réunir mes pensées. Tout va bien au pays de Zac!

Aussi dans La vie en tranches :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!