Vous avez peut-être lu dans les médias de la fin de semaine que l’industrie des sables bitumineux affime ne pas être en mesure de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

Ce qui ne l’empêche pourtant pas de dépenser des millions en publicité pour nous dire que ses membres ont fait plein d’efforts pour réduire leur pollution et que tout va bien – allez visiter le site www.sablesbitumineuxmaintenant.ca‎ pour voir cette belle propagande.

Pourtant, des documents obtenus grâce à la loi d’accès à l’information par Greenpeace et l’Institut Pembina démontrent tout le contraire… Pendant qu’elle essaie de nous convaincre de ses vertus, l’industrie fait pression sur les gouvernements afin d’éviter la mise en place de tout système qui la forcerait à réduire ses émissions de GES. C’est un véritable scandale.

Alors que la réglementation instaurée en Alberta pour réduire les émissions de GES équivaut à un coût de 9 cents par baril (il y a 160 litres dans un baril, donc environ 0,0006 cent par litre), l’industrie affirme qu’elle ne pourrait payer plus que 23 cents le baril sans risquer de devenir non compétitive… Vraiment?!

Vous savez combien il lui en coûte pour exporter son pétrole par train? 5 $ le baril. Pourtant, ce prix ne semble pas poser problème, puisque ce mode de transport est de plus en plus populaire auprès de l’industrie.

Vous n’en avez peut-être pas entendu parler, mais Suncor, un des grands producteurs de pétrole issu des sables bitumineux, annonçait en mai dernier qu’il n’allait plus de l’avant avec son immense projet de 11 G$ pour la construction de la raffinerie Voyageur. Vous savez combien l’entreprise a englouti dans ce projet avant de changer d’idée? 3,5 G$.

3,5 MILLIARDS de dollars!!!

Si on se fie à ce dernier chiffre, on peut conclure que l’entreprise pourrait payer le dollar de plus par baril que lui imposerait la réglementation GES, à son niveau actuel de production, pour les 4 000 prochaines années…

Donc, si on suit la logique implacable de l’industrie, il est tout à fait normal pour une compagnie œuvrant dans les sables bitumineux de gaspiller 3,5 G$ pour un projet avorté, mais tout à fait inacceptable pour la même compagnie de payer 750 000 $ pour réduire sa pollution.
Belle bande d’hyprocrites!

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