Le sable bitumineux a été montré du doigt à plusieurs reprises ces derniers jours.

Comme l’avait si bien dit l’ancien entraîneur du Canadien Claude Ruel,
«y en aura pas de facile», et c’est probablement un peu comme ça que se
sentaient les promoteurs et amateurs des sables bitumineux la semaine
dernière.

Il y a d’abord eu le témoignage de Lee Brain dans le cadre des audiences sur le projet de l’oléoduc Gateway, en Colombie- Britannique. M. Brain est le fils d’un haut dirigeant d’une compagnie pétrolière. Il a travaillé dans ce secteur, notamment en Inde, et il connaît très bien cette industrie. Or, M. Brain est venu témoigner pour dire qu’il s’opposait au projet Gateway.

Il y a eu ensuite un vote à la Commission européenne concernant la norme sur la qualité des carburants, qui vise à octroyer une valeur GES en fonction de la pollution provoquée par différents types de pétrole, dont celui des sables bitumineux. Bien qu’il n’y ait pas eu suffisamment d’appuis à la proposition, cette dernière reviendra à l’avant-scène en juin, mais cette fois, elle sera proposée par les ministres européens.

Finalement, la Cour du Québec a donné raison à un groupe de citoyens de Dunham, ainsi qu’à Équiterre, contre la compagnie Pipe-Lines Montréal (propriété de Suncor et d’Imperial Oil) dans le dossier du pipeline vers l’est. Ce dernier permettrait d’acheminer le pétrole des sables bitumineux jusqu’ici et ensuite vers les États-Unis.

Certains, comme l’éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte, vous diront qu’il y a une étude de deux chercheurs sérieux qui conclut que «le problème n’est pas les sables bitumineux, mais le charbon».

Or, il s’agit là d’une interprétation incroyablement étroite et partielle de cette étude. À tel point que, après avoir constaté la façon dont plusieurs journalistes, comme M. Pratte, ont interprété leur étude, l’un des auteurs a senti le besoin de corriger le tir et a lui-même contacté un journaliste pour lui dire essentiellement ceci : «La façon dont les médias nous ont fait dire que les sables bitumineux sont bons et le charbon est mauvais est fausse… Il faut faire une transition vers les énergies renouvelables le plus rapidement possible.» Si c’est ça, la grosse victoire des sables bitumineux, on repassera.

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