Les bicyclettes sont munies de remorques de 1,63 mpar 76 cm, grâce auxquelles les déménageurs peuvent tirer près de 250 kg sur le plat.

Oui, déménager à vélo. Tout y passe, littéralement tout, sauf les pianos à queue. C’est l’exploit que réalise quotidiennement l’entreprise Déménagement Myette. Lors du «grand dérangement» du 1er juillet, j’ai eu le plaisir de les voir à l’œuvre. Pour le moins impressionnant!

Admettez que voir un frigo bien emmitouflé dans son capitonnage reposer sur une remorque basse tirée par un vélo est quelque chose d’assez inusité, pour ne pas dire extraordinaire! Déménagement Myette est la seule entreprise du genre en Amérique du Nord. Elle en est à sa troisième année d’opérations. Démarrée en 2009 avec trois vélos et autant de remorques, elle en compte maintenant huit. Ayant son siège social à Montréal, rue Frontenac, elle effectue tout déménagement dans un rayon de 20 km. Ce ne sont donc pas exclusivement des opérations de proximité ou de voisinage qu’elle entreprend.

Dans une entrevue qu’il a accordée au journal L’Itinéraire, le propriétaire et fondateur, Julien Myette, insiste sur le fait que sa clientèle n’est pas constituée exclusivement d’irréductibles écolos. La croissance de l’entreprise repose d’abord et avant tout sur son professionnalisme. Déménagement Myette est même devenu le déménageur officiel de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont! 

L’entreprise compte probablement sur la force de travail, hommes et femmes, la plus en forme du Québec. Comme le dit si bien son propriétaire : «C’est tout un défi quand on traîne 300 kg derrière soi, mais ça rend top shape.»

Évidemment, l’initiative n’est qu’une goutte dans l’océan si on la compare aux géants de l’industrie du déménagement. Selon moi, la question n’est cependant pas là : d’abord, les déménagements à vélo sont extrêmement méritoires et nous prouvent, une fois de plus, qu’il est possible de faire les choses différemment.

Ensuite, elle fait partie d’une espèce de foisonnement d’idées du même genre qui nous montrent que les choses bougent. On a l’impression qu’à force de multiplier ces initiatives, de les pousser à bout et de les perfectionner, on maximise les chances de voir advenir une société durable.            

Vous pouvez aussi suivre Steven Guilbeault sur Twitter à @s_guilbeault

Aussi dans La vie en vert:

blog comments powered by Disqus