The Canadian Press Le projet de loi C-51 du gouvernement de Stephen Harper est décrié par plusieurs.

Vous avez déjà entendu parler du sénateur américain Joseph MacCarthy? C’est lui qui présida une commission d’enquête sénatoriale chargée de trouver, de traquer et d’exposer au grand jour les militants et sympathisants communistes au début des années 1950 aux États-Unis.

Cette commission se transforma vite en une chasse aux sorcières qui avait dans sa mire les progressistes, les homosexuels, les socialistes, bref, tous ceux qui étaient considérés comme «antiaméricains».

Voilà que le gouvernement Harper propose de créer sa propre version du maccarthysme à l’aide du projet de loi sur la communication d’information ayant trait à la sécurité du Canada, mieux connu sous le nom de C-51.

Ce projet de loi fait suite aux attentats terroristes survenus ces derniers temps au Canada (ainsi qu’à l’étranger). Si à peu près tout le monde s’entend sur la nécessité d’agir face au terrorisme, les conservateurs semblent avoir réussi à faire l’unanimité contre eux (avec la notable exception des libéraux de Justin Trudeau) en proposant un remède qui pourrait s’avérer pire que le mal qu’ils tentent de soigner.

Le projet de loi permettra aux agences de renseignement d’espionner toute personne ou tout groupe qui pourrait mener «toute activité portant atteinte à la sécurité du Canada». Ça inclut: «toute activité qui porte atteinte à la souveraineté, à la sécurité ou à l’intégrité territoriale du Canada (…), notamment (…) entraîner un changement de gouvernement au Canada ou influer indûment sur un tel gouvernement par l’emploi de la force ou de moyens illégaux (…) et entraver le fonctionnement d’infrastructures essentielles (…).»

Le projet de loi C-51 est tellement vague, et les risques de débordement sont tellement nombreux, que les anciens premiers ministres conservateurs et libéraux Joe Clark, Jean Chrétien et Paul Martin, ainsi que cinq anciens juges de la Cour suprême, dont Louise Arbour, Claire L’Heureux-Dubé et Michel Bastarache, ont signé une lettre conjointe pour en dénoncer les abus.

Le Barreau du Québec, quant à lui, «… estime que le projet de loi C-51, tel que rédigé, soulève plusieurs interrogations quant à la conformité des modifications qu’il prévoit par rapport à la Charte canadienne des droits et libertés.»

Les conservateurs veulent pouvoir décider ce qu’est une atteinte à la sécurité du Canada et déterminer qui en est responsable. Il s’agit d’une pente glissante, très glissante.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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