Auto et pétrole : Est-ce la fin de l’histoire d’amour?

Photo: Collaboration spéciale

Ce n’est quand même pas tous les jours qu’on voit un vieux couple décider, après presque un siècle de vie commune et après avoir traversé toutes sortes d’épreuves, de passer à autre chose.

C’est pourtant à une rupture de ce type, entre la voiture et le pétrole dans ce cas-ci, que fait référence un des plus récents articles de la firme d’analyse financière Bloomberg, plus particulièrement de sa filiale Bloomberg New Energy Finance. Plusieurs raisons sont invoquées pour expliquer la fin de la lune de miel entre ces vieux amoureux.

D’abord, la consommation de pétrole plafonne dans la majorité des pays industrialisés depuis une décennie. Elle diminue même à certains endroits, notamment aux États-Unis. Pour expliquer ce phénomène, il y a des gens qui invoquent la crise financière, mais premièrement, le plafonnement de la demande a précédé la crise, et deuxièmement, malgré la reprise économique et les faibles cours du pétrole, il ne semble pas y avoir d’augmentation de la demande en vue.

De fait, nous sommes en surabondance d’énergie à faible coût dans le secteur des transports, que ce soit le pétrole, le gaz naturel ou, ici au Québec, l’électricité.

Les ventes de voitures électriques ont quintuplé depuis 2011. Vous pourriez être tenté de dire «Oui, mais cinq fois plus que pas grand-chose, ça donne toujours pas grand-chose.» Il est vrai qu’en 2014 le parc mondial de véhicules électriques ne représentait que 0,5 % de la flotte mondiale. Toutefois, la baisse rapide du coût des batteries et la capacité de plus en plus importante de celles-ci sont en train de changer la donne.

Au Québec, le nombre de voitures électriques sur les routes double chaque année. De fait, le Québec est un terreau fertile, puisque 40 % des véhicules électriques et hybrides «branchables» vendus au pays le sont ici, alors que nous ne comptons que pour 23 % de la population.

En Norvège, près d’une voiture vendue sur huit est électrique (ou hybride «branchable»). De quoi faire mentir ceux qui croient que la voiture électrique n’est pas faite pour un climat nordique. La Norvège n’est pas exactement l’idée qu’on se fait d’une destination soleil!

Évidemment, la voiture, même électrique, ne peut pas être LA solution à tous nos problèmes de transport. Nous devons nous tourner vers de meilleurs aménagements urbains et vers le transport collectif. Cela étant, sortir le pétrole de nos voitures serait déjà un pas dans la bonne direction.

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