Michel-Ange a déjà dit: «Le pardon est divin mais ne paie jamais plein tarif pour une pizza en retard.» On parle ici de Michel-Ange la tortue ninja, évidemment, et non pas du peintre de plafonds.

Tout le monde comprend la référence parce que la pizza est un mets universel. On la retrouve partout dans le monde et chacun peut la configurer selon ses goûts. Il n’est donc pas étonnant qu’elle serve d’étalon de mesure à nos politiciens et à nos personnalités médiatiques.

Mardi, la candidate Michelle Blanc a fait une étonnante analogie sur Facebook à propos de sa recette de pizza sur le BBQ.

«Échec de ma 1re pizza au BBQ. Superbe sur le dessus mais calcinée en dessous 😞 ça me fait songer à certaines offres politiques qui semblent projeter le changement mais dont les dessous sont plus sombres… #polqc»

Comme tous les partis prétendent incarner le changement, il est difficile de savoir de quel parti elle parle, mais peu importe. Elle emploie ici, comme quelques-uns de ses collègues politiciens, la pizza pour nous expliquer les mystères de la vie.

Un autre politicien qui aime beaucoup utiliser la pizza pour nous faire comprendre quelque chose de déjà simple, c’est Régis Labeaume, maire de Québec. En 2015, il disait à propos de l’échec de l’implantation de Target au Canada:

«C’est ma théorie des restaurants de pizza. La pizza est à mode, tout le monde part des magasins de pizza. Y’a plus de pizza que l’augmentation de la population. Y’aurait trop de pizza tsé, mais si y’a des pizzas qui ferment, y va en rester encore, moi je vois, ça, c’est un peu simpliste mon affaire.»

Notez que sa théorie des restaurants de pizza fonctionne aussi avec n’importe quelle chose qui peut se vendre. Certains intellectuels appellent ça la loi de l’offre et de la demande.

Françoise David, de Québec solidaire, avait elle aussi instrumentalisé la pizza pour dénoncer le gouvernement en septembre 2014:

«Est-ce que pour atteindre l’équilibre budgétaire dès cette année, on va finir par donner des pizzas pochettes aux personnes âgées dans les CHSLD?»

Un bel exemple de sophisme de la pente savonneuse. En passant, après vérification, les pizzas pochettes existent toujours et elles sont en spécial chez Provigo cette semaine.

Le ministre conservateur Denis Lebel avait lui aussi évoqué son amour de la pizza pour éviter de dire s’il allait nommer le futur pont Champlain, pont Maurice Richard:

«J’suis un amateur de hockey, j’suis un amateur d’histoire, j’suis un amateur d’art, pis de pizza aussi. Donc je veux pas mêler les choses, j’viens de dire. J’veux tout simplement dire que là-dedans, chacun des personnages mérite d’être respecté.»

On est peut-être passé proche d’avoir un pont Pizza-Hut.

Les commentateurs de l’actualité aussi ont un faible pour la pizza.

Mario Dumont, en 2013, avait tenté d’expliquer les réactions des éditeurs face à la décision d’Arlette Cousture de s’éditer elle-même en ces termes:

«C’est comme si une pizzeria attaquait le monde dans une cour de centre d’achat si dans leur panier y’ont de la pâte à pizza, du pepperoni pis du fromage pis y disent, nous on la fait nous-mêmes la pizza ce soir, et que la pizzeria dirait, non non non, moi je suis un intermédiaire dans la fabrication de la pizza et passez par moi.»

Notez que dans toute cette histoire, la pizza représente le livre.

Quant à Denis Gravel de Radio X, en octobre 2014, il expliquait que le gouvernement ne devrait pas se mêler du transport par autobus en forçant les compagnies à desservir certaines villes à l’aide de cette excellente analogie:

«Regarde, quand Mcdo a décidé que la pizza, ça faisait pu là, le gouvernement est tu intervenu pour sauver la pizza chez Mcdo? Non hein. Bon, pourquoi on traite pas toute exactement de la même façon?»

Denis Gravel est peut-être visionnaire. La démocratie de la pizza est à nos portes…

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