Darren Calabrese/La Presse canadienne Justin Trudeau

Au fil du temps, le citoyen attentif aura remarqué que Justin Trudeau semble composer ses phrases en anglais (dans son cerveau) avant de les livrer en français (avec sa bouche) dans une syntaxe qui fait parfois défaut.

Nous en avions présenté quelques exemples il y a deux ans.

Le dernier remaniement ministériel est une belle occasion pour le premier ministre de remanier encore une fois son franglais. Mercredi, M. Trudeau a fait cette belle phrase en conférence de presse:

«Je pense que nous reconnaissons que la donne est en train de changer à travers le pays avec différents élections provinciaux, et d’avoir des personnes fortes qui vont très bien pouvoir servir et livrer sur les engagements que nous avons faits.»

Quelques anglicismes et quelques mauvais accords, oui, pas de quoi monter sur ses grands «chevals», dirait-il.

Autre exemple, en avril dernier, lors d’un congrès de son parti, il avait déclaré ceci:

«Nous travaillons à tous les jours pour avoir un impact positif dans le monde, bénéficier les Canadiens, pour créer des opportunités et pour rendre le monde meilleur.

Voilà qui est ambitieux. Justin Trudeau parle comme Google Traduction, mais comme un Google Traduction idéaliste, au moins.

En mars de l’année dernière, il nous parlait encore de ce Canada idéalisé:

«C’est pour ça que nous travaillons avec les États-Unis aussi, pour s’assurer quand on est en train de continuer d’être le pays que les Canadiens s’attendent de nous à être.»

«Expecting to be», I guess qu’il voulait dire.

En janvier dernier, en conférence de presse, il nous expliquait que l’épanouissement de ce pays de rêve passait par une bonne communication entre les élus et les citoyens:

«Plus on est à l’écoute des gens, plus qu’on a des très bons députés comme on a ici pour vous écouter dans vos communautés au jour le jour, mais le plus le gouvernement peut aussi être présent dans la vie des gens pour répondre à leur préoccupation, le mieux c’est.»

On sent qu’on comprend ce qu’il veut dire, mais ça reste difficile à suivre.

En mai 2018 maintenant, à propos de l’achat par le gouvernement de l’oléoduc Trans Mountain (Trans Montagne), il disait pour rassurer la population:

«Nous allons sécurer un oléoduc qui s’en va vers de nouveaux marchés qui ne sont pas les États-Unis.»

Ça nous «sécuritarise» de savoir ça.

Et en fin, tout récemment, à propos de la culture du cannabis à domicile, il nous annonçait:

«Nous avons fait les études et les décisions par rapport à la cultivation à domicile.»

Bref, Justin Trudeau est un homme qui cultive son français, mais dans une terre anglophone.

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