Jacques Boissinot/La Presse canadienne François Legault

Le nom le dit, la Coalition avenir Québec est une coalition. En même temps, le Bloc n’est plus vraiment un bloc et le Nouveau Parti démocratique n’est plus tellement nouveau.

N’empêche que c’est derrière cette idée de coalition que se réfugie François Legault pour expliquer que son parti n’est ni à gauche, ni à droite, ni souverainiste, ni trop fédéraliste, ni toutes sortes d’autres affaires.

Selon ce que rapportait le journal La Tribune qui assistait au discours de M. Legault lors du camp de formation de l’aile jeunesse de son parti à Asbestos (oui, la CAQ a une aile jeunesse), celui-ci aurait tenté d’éclaircir son positionnement sur l’échiquier politique:

«Ce n’est pas une question de gauche ou de droite, ce n’est pas une question non plus de souverainistes ou de fédéralistes […]. On veut donner des services, mais aussi remettre de l’argent dans le portefeuille des familles et des aînés. C’est un parti, je dirais, qui est peut-être à gauche sur certains dossiers, à droite sur d’autres, mais c’est un parti qui est d’abord pragmatique.»

Ce parti «pragmatique» a donc attiré plusieurs candidats pragmatiques autrefois associés aux autres partis et qui voient maintenant leur chance d’être élus augmenter en s’associant à la CAQ.

Tout ça permet toutefois aux adversaires de la CAQ de définir eux-mêmes leur adversaire.

Pour Adrien Pouliot du Parti conservateur du Québec, qui se proclame comme étant l’unique parti de droite au Québec, Legault n’est manifestement pas de son côté, comme il l’expliquait en 2013.

«Pour avoir passé, comme je vous dis, une après-midi complète avec François Legault, j’ai conclu que François Legault c’était quelqu’un de la gauche.»

M. Pouliot serait même derrière le sobriquet de François «Legauchiste» que certains animateurs de radio nuancés ont repris par la suite. Au fond, on est tous le gauchiste de quelqu’un.

Bizarrement, c’est à Donald Trump que d’autres ont comparé François Legault.

Ce fut le cas de Françoise David de Québec Solidaire qui, sur Twitter, s’inquiétait en août 2016 de la volonté d’inclure le burkini dans le test des valeurs qu’un gouvernement de la CAQ imposerait aux immigrants.

«François Legault veut-il devenir le Donald Trump du Québec?»

Appelé à réagir au commentaire de Mme David, Philippe Couillard avait répondu:

«Qui, aux États-Unis, parle de rejet, parle de déclin, parle de la crainte des autres? Ben y’a une sorte de parenté de moyens ici. C’est pas deux personnes semblables, mais y’a certainement une tendance qu’on reconnaît là.»

M. Legault s’était d’ailleurs dit relativement à l’aise d’être comparé à Trump à l’époque.

Pour couronner le tout, on apprenait au début de l’été que la CAQ avait engagé l’ancien maire de Saguenay, Jean Tremblay, comme conseiller. Jean Tremblay qui écrivait sur Facebook en 2016:

«Il y en a qui sont à gauche, d’autres à droite. Moi je préfère être au-dessus.»

Bref, François Legault serait une sorte de Trump de gauche qui survole l’échiquier politique. Une situation pour le moins elvisgrattonesque.

En ce sens, on peut se poser des questions sur la nature du projet de société que présente la CAQ. Il semble pour l’instant que ce soit tout simplement le projet de gouverner.

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