Adrian Wyld/La Presse canadienne Maxime Bernier

Il est beaucoup question d’environnement par les temps qui courent, entre autres parce que Justin Trudeau vient d’annoncer qu’il allait imposer une taxe carbone aux provinces qui n’adhéraient pas à la bourse du carbone.

M. Trudeau offrira en échange une réduction d’impôt aux citoyens de ces provinces qui seront peut-être enclins à moins polluer.

L’air sera plus pur dans ces provinces. En revanche, ça sentira beaucoup les élections et c’est nécessairement ce qui motive le gouvernement.

En guise de réplique, le chef du nouveau Parti populaire, Maxime Bernier, qui a récemment déclaré vouloir faire dans le populisme, mais le populisme intelligent, s’est fendu d’un tweet où il disait que la taxe carbone s’appuyait sur des mensonges puisque le CO2, ce n’est pas de la pollution:

«Le CO2 n’est PAS de la pollution. C’est ce qui sort de votre bouche quand vous respirez et ce qui nourrit les plantes.»

M. Bernier devrait savoir que le CO2 peut donner mauvaise haleine et avoir une influence sur la santé des gens.

Le populisme intelligent n’aura pas duré longtemps.

Cet amour des pots d’échappement pourrait surprendre, mais il semble que tous les goûts soient dans la nature.

L’ancien collègue de M. Bernier, Gérard Deltell, est lui-même un amoureux du pétrole. Il déclarait la semaine dernière en entrevue sur les ondes de Radio NRJ à Québec qu’il était fan de pétrole:

«J’aime le Canada, j’aime la droite, j’aime le pétrole canadien, je suis très fier et très heureux à Ottawa».

On peut bien ne pas vouloir sacrifier une partie de la croissance économique pour sauver l’environnement, mais de là à «aimer» le pétrole, il y a une marge.

Le pétrole n’a rien d’aimable. On peut aimer le chocolat, aimer la danse contemporaine ou aimer Céline Dion. Tous les goûts sont dans la nature (c’est écrit plus haut).

Mais aimer le pétrole, cette mélasse toxique?

Le pétrole est partout, on ne peut s’en débarrasser du jour au lendemain, mais certaines avancées technologiques nous permettent de réduire notre consommation, notamment en matière de transport.

Voulez-vous remplacer votre voiture à essence par une voiture électrique? Non, j’aime le pétrole.

Voulez-vous remplacer le gros gin par un anesthésiant pour votre amputation? Non, j’aime le gros gin.

Ce n’est pas tout à fait logique. Cet amour cache quelque chose. Il nous faudrait un participant d’Occupation double qui s’y connaît en manigances amoureuses pour analyser tout ça.

La réponse de Gérard Deltell faisait suite à une question à propos de l’élection de la CAQ. Il ne s’est pas dit déçu d’avoir quitté ce parti avant qu’il ne prenne le pouvoir.

La CAQ qui, sans nécessairement aimer le pétrole, ne semble pas vouloir poser des gestes pour en réduire la consommation.

À l’émission d’Alain Gravel sur les ondes de Radio-Canada, le nouveau ministre des Transports, François Bonnardel, s’est déclaré peu intéressé par le projet de ligne rose du métro de Montréal:

«Comme je l’ai mentionné, à court, moyen, long terme, la ligne rose n’est pas une priorité».

Ni à court terme, ni à moyen terme, ni à long terme. Ça ne laisse plus beaucoup de termes.

Dans un monde où certains commentateurs de l’actualité confondent encore le GIEC et Météomédia et où les politiciens aiment l’odeur du pétrole au petit déjeuner, il en reste beaucoup à faire pour convaincre nos politiciens de l’urgence d’agir.

Le cœur devient moins lourd, quand on est en amour, chantait Patrick Normand. Mais le cerveau ramollit un peu aussi.

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