Archives Métro Jacques Chagnon

Dire qu’on ne dit pas quelque chose tout en le disant est pratique courante dans le merveilleux monde de la politique.

Nous en avons eu un bel exemple cette semaine alors que Pierre Karl Péladeau nous expliquait ne pas être prêt à aller jusqu’à dire comme François Legault et Amir Khadir que le parti libéral était un parti pourri. M. Péladeau a plutôt choisi de se taire. Ou presque.

« Écoutez je n’utiliserai pas les mots, mais je vous dirai bien honnêtement que je n’en pense pas moins. »

Rendu là, à quoi ça sert de ne pas dire les mots?

C’est quand même un peu moins tordu que Frank Zampino qui dans le cadre de la commission Charbonneau avait dit « Je ne confirmerais pas non plus que je ne pourrais pas l’exclure ».

Francine Charbonneau, la ministre responsable des Aînés et de la Lutte contre l’intimidation, a un certain talent pour éviter de bien nommer les choses. Elle l’avait bien démontré en janvier 2015 en expliquant que le gouvernement n’avait pas reculé dans le dossier des places fantômes en garderie:

« Le gouvernement a renoncé de mettre en application ce sur quoi il s’était avancé. »

Elle aurait aussi pu dire que le gouvernement avait avancé par en arrière. C’eut été tout aussi clair.

Un autre bel exemple: Anie Samson, mairesse de l’arrondissement Villeray, St-Michel Parc-Extension qui défendait les policiers suite à un rapport sur le profilage lors de manifestations.

« On fait vraiment pas du profilage, mais on fait de la sélection sur le type de gens qui vont faire cette manifestation ».

Les gratteux de guitare plateauniens du nowhere n’ont pas été victimes de profilage. Ce sont plutôt les musiciens psychédéliques d’un arrondissement central qui ont été « sélectionnés ». Ça sonne beaucoup mieux comme ça.

On espère toujours avoir des politiciens différents qui disent les vraies affaires. Malheureusement, on se retrouve souvent avec des politiciens qui disent les vraies affaires, mais différemment, juste pour nous berner…

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