Archives Métro Pierre Karl Peladeau.

On se moque souvent des problèmes de syntaxe de Justin Trudeau. Il est peut-être capable d’expliquer l’ordinateur quantique (ou pas), mais il est incapable de faire deux phrases compréhensibles de suite.

Pierre Karl Péladeau, le chef du Parti Québécois a beaucoup moins de difficulté. Pourtant, il se perd parfois dans la structure de ses phrases, ce qui fait que leur sens s’effondre.

La semaine dernière, il a tenté de vulgariser la façon dont Philippe Couillard gouverne de façon plutôt laborieuse:

“Moi je pense que c’est un gouvernement qui est un pêcheur à la ligne. Ils vont tester pour voir s’il y a du poisson à gauche pis à droite, et si malheureusement ça mord, bin là tout d’un coup y vont s’engager. Mais malheureusement trop fréquemment, ça ne mord pas mais ça mord à l’effet inverse, ils ramassent des bottines.”

Des fois, malheureusement ça mord, d’autres fois malheureusement ça ne mord pas, mais à l’inverse, ils ramassent des bottines. Clair comme un poisson dans l’eau de roche.

Il avait la semaine précédente presque appuyé les propos de François Legault qui avait dit que le gouvernement était pourri: « Je n’utiliserai pas les mots, mais je vous dirai bien honnêtement que je n’en pense pas moins ». Ça revient pas mal à la même chose quand on y pense.

PKP a beaucoup patiné aussi lorsqu’il a été question de l’utilisation présumée de paradis fiscaux par Québecor. Il avait donné des instructions aux dirigeants de l’entreprise à l’époque pour ne pas qu’ils aient recours aux paradis fiscaux.

“En envoyant le message que je voulais pas qu’il y en ait, je présume que par voie de conséquence, s’il devait y en avoir, de ne pas utiliser celles qui devaient exister.”

S’il a dit ça dans ces mots-là aux dirigeants de l’entreprise, on peut comprendre qu’ils ne l’aient pas compris.

Il a mis fin aux discussions à ce sujet quelques jours plus tard en disant ceci:

“Écoutez, sur cette question, j’ai été clair, net et précis et je ne reviendrai pas là-dessus. Ce que j’ai dit, je l’ai fait et ce que j’ai dit, je ne l’ai pas fait, donc là-dessus là, c’est terminé.”

Il l’a fait et pas fait en même temps.

Ce n’est pas sa première phrase un peu contradictoire. Il avait aussi déclaré que “le pire investissement qu’une collectivité peut faire, c’est son désinvestissement à l’endroit de son éducation”.

Ses adversaires ne semblent pas noter ces drôles de formulations. Par contre, ils reviennent sans cesse sur la peur du référendum. Comme M. Péladeau l’explique: « les adversaires ont sauté là-dessus comme du pain bénit là. » Une expression que nous ne connaissions pas.

Enfin, lorsqu’on lui a demandé quelle note il se donnait à la fin de la dernière session parlementaire, PKP a déclaré ceci:

“Si j’avais une note à me donner, c’est peut-être le peu de résultats qui nous a permis de faire réaliser au gouvernement, mais sachez par ailleurs que nous allons continuer à travailler très fort sur ce chantier d’avenir, sur ce chantier de toute nation qui se respecte.”

Une phrase toute croche peut être une excellente façon de ne pas répondre à une question. Et pour ça, on donne une note de 8 sur 10.

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