Getty Images Selon notre chroniqueur, la candidature du Maroc, «un pays où le football n’a pas à être promu», pour la Coupe du monde de 2026 a pris du galon, mais United 2026 possède toujours un avantage pour l’emporter. /

Le 10 août dernier, quand le comité tripartite formé des États-Unis, du Mexique et du Canada, avait annoncé en grande pompe, au sommet de la Freedom Tower de New York, sa candidature – la seule jusque-là – pour accueillir la Coupe du monde masculine de 2026, tout portait à croire que l’obtention du tournoi ne serait qu’une formalité.

Même si le Maroc a suivi avec sa propre annonce de candidature dès le lendemain dans un laconique communiqué de deux paragraphes, le dossier nord-américain semblait alors intouchable.

Près de huit mois plus tard, les certitudes sont cependant de moins en moins grandes pour United 2026, alors que la candidature marocaine a pris du galon, resserrant au possible la course au mondial.

Les premières pages des deux dossiers de candidature déposés à la FIFA lundi, exposent très bien les qualités principales des deux prétendants: certitude et développement pour les Nord-Américains; passion et unanimité sociale chez les Africains.

Avec la qualité de son infrastructure sportive, urbaine et touristique, déjà en place, United 2026 possède un avantage net sur la compétition sur les plans logistique et opérationnel. Une sécurité très attrayante pour la FIFA, surtout si on tient compte du fait que 2026 sera la première Coupe du monde à 48 équipes. Le fait que le marché nord-américain demeure un eldorado à conquérir pour la plus haute instance du football mondial représente un autre avantage non négligeable pour le comité américano-canado-mexicain.

Au-delà des aspects techniques et économiques, l’obtention de la Coupe du monde 2026 par l’Amérique du Nord viendrait surtout marquer un avant et un après par rapport à l’ère de corruption de Sepp Blatter (et celle de son mentor et prédécesseur, João Havelange), dont la FIFA de Gianni Infantino tente de se dissocier. Géographiquement parlant, il serait d’ailleurs étrange de voir le mondial être tenu coup sur coup au Qatar et au Maroc, dans une zone géographique aussi restreinte.

Cela étant dit, le Maroc a de solides arguments. Dans un pays où le football n’a pas à être promu, on mise grandement sur l’acceptation sociale de l’événement – selon le document, 97% des Marocains seraient favorables à la tenue de la Coupe du monde –, ce qui expose une certaine «faiblesse» du côté de United 2026, qui a vu quelques grandes villes, dont Vancouver et Chicago, questionner politiquement la pertinence de l’exercice et les coûts qui y sont liés.

Le Maroc exploite aussi avec brio l’actualité américaine pour se constituer un capital de sympathie. Des frasques de Donald Trump à l’insécurité liée aux armes, tout y passe, et avec un certain succès.

À 11 semaines du vote, United 2026 a toujours, à mon sens, un avantage sur Maroc 2026, mais les coulisses du foot étant ce qu’elles sont, on n’est pas à un rebondissement près d’ici à ce que l’heureux élu soit connu, le 13 juin prochain.

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