Graham Hughes/La Presse canadienne

«Mais quelque chose en moi subsistait: ma dualité. Dès qu’il sentit que mes bonnes intentions s’émoussaient et que je recommençais à vaciller, mon mauvais moi, que je croyais dompté, redressa la tête et réclama sa liberté.»

Décidément, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas pour l’Impact de Mont­réal, dont la bipolarité récurrente nous rappelle le tordu protagoniste du fameux roman de Robert Louis Stevenson.

Sept jours après leur gênante prestation au BMO Field (défaite de 3 à 1 face au TFC), peut-être leur pire match de l’année, les hommes de Rémi Garde ont enchaîné avec une copie quasi parfaite, infligeant aux Red Bulls de New York – meneurs au classement général de la MLS – un revers sans appel de 3 à 0.

De l’apathie et la désorganisation la plus absolue, on est passés, comme par magie, à un niveau d’engagement et à une solidarité exemplaires. D’ailleurs, il flottait samedi, au-dessus des gradins du stade Saputo, un petit parfum de séries éliminatoires, avec une foule particulièrement en voix et une équipe qui a répondu présent en reproduisant sur la pelouse le niveau d’intensité de ses supporters.

Nacho Piatti et Saphir Taïder, méconnaissables à Toronto, avaient retrouvé leur superbe habituelle. Alejandro Silva, sans être toujours juste, s’est bien servi de sa vitesse et de sa verticalité pour semer la confusion dans le tiers adverse. Rod Fanni a été égal à lui-même défensivement, ajoutant cette fois un but qui a sonné la charge pour les siens. Bacary Sagna en a fait tout autant, lui qui semble de plus en plus à l’aise dans son nouvel environnement.

Mais au-delà des individualités, c’est collectivement que l’Impact a réussi son match, avec un bloc défensif qui a subi sans plier, notamment durant la première demi-heure de jeu.

«J’ai pris du plaisir à voir mes joueurs prendre du plaisir et souffrir ensemble, assurait après le match un Rémi Garde visiblement fier de ses joueurs. Ils ont attaqué et défendu ensemble et, quand on est comme ça, on est meilleurs.»

L’enjeu principal pour le Bleu-blanc-noir est maintenant de préserver cet état d’esprit en vue du prochain match, une autre finale contre un adversaire direct, le 15 septembre prochain, à Philadelphie. La pause internationale dont bénéficie le club permettra certainement de donner un repos bien mérité à certaines jambes fatiguées et meurtries, mais ces deux semaines pourraient aussi s’avérer être un couteau à double tranchant si on ne les aborde pas de la bonne manière.

Selon l’entraîneur, il est impératif de savoir se remettre en question et de rester exigeant envers soi-même. «Nous avons fait un très bon match aujourd’hui, on en a fait un très mauvais la semaine dernière. Le foot, c’est ça… c’est très fragile. Là, on se sépare sur une très bonne note, mais il faudra retrouver ça, car le prochain match sera très, très important!»

Cette victoire face aux Taureaux, surtout la manière dont elle a été acquise, peut certainement servir de tremplin à l’aube d’un sprint final des plus compliqués. Comme l’a si bien dit Garde en conclusion de son point de presse, samedi soir: «C’est de cette manière qu’on doit jouer si nous voulons exister.»

Des mots très bien choisis, car c’est ultimement de survie dont il s’agit.

Tous les espoirs sont donc permis pour le onze mont­réalais. Reste à voir maintenant s’il sera en mesure de dompter pour de bon son «mauvais moi»; sinon on pourra parler d’occasion manquée à la fin octobre.

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