THE CANADIAN PRESS

La Coupe du monde de la FIFA de 1994 aux États-Unis a non seulement été l’élément déclencheur par excellence de la croissance fulgurante du soccer en Amérique du Nord au cours des dernières décennies, mais elle a surtout été à l’origine de la création de la Major League Soccer, deux ans plus tard.

Le retour du plus grand événement sportif de la planète sur le continent, en 2026, peut paraître annonciateur d’une deuxième grande 
(r)évolution locale pour le sport universel. Alors qu’on est encore à imaginer sous quelle forme ces changements pourraient se matérialiser, Enrique Bonilla, président de la première division mexicaine (LigaMX), semble quant à lui bien avancé dans cette réflexion.

Prenant la parole dans le cadre du sommet Leaders, hier à Londres, le dirigeant a mentionné considérer la possibilité de voir naître une ligue continentale, formée de clubs mexicains, américains et canadiens, bref, une fusion de la MLS avec la Liga MX.

«Si nous pouvons organiser une Coupe du monde, alors nous pouvons avoir une ligue ou une coupe nord-américaine. L’idée principale serait de grandir ensemble pour compétitionner, sinon ce sera toujours les riches de l’Europe et les autres», a-t-il soutenu, avant de renchérir : «Nous croyons que cette occasion avec la Coupe du monde en 2026 nous ouvre la porte pour faire les choses différemment et mieux.»*

À l’heure de la globalisation (pour le meilleur et pour le pire, il est important de le dire), le continent nord-américain représente un eldorado unique pour une industrie qui a grandement besoin de marchés émergents. La fin abrupte de l’ère Havelange-Blatter, causée par le FIFAgate, a chamboulé les plaques tectoniques du pouvoir, et la zone CONCACAF semble bien décidée à prendre cette place sur l’échiquier géopolitique du foot, trop longtemps monopolisée par l’Europe (UEFA) et l’Amérique du Sud (CONMEBOL).

Le nerf de la guerre pour qu’un tel projet puisse voir le jour et, par extension, rivaliser avec les grandes ligues européennes est la négociation de contrats de diffusion béton, une des principales tares actuelles de la MLS et de la Liga MX.

L’idée d’une superligue nord-américaine, bien que grandiloquente, ne paraît donc pas, de prime abord, farfelue. Le nerf de la guerre pour qu’un tel projet puisse voir le jour et, par extension, rivaliser avec les grandes ligues européennes est la négociation de contrats de diffusion béton, une des principales tares actuelles de la MLS et de la Liga MX par comparaison avec les géants du Vieux Continent. Est-ce qu’une telle unification suffira pour s’en rapprocher? M. Bonilla semble d’avis que oui.

Si la logistique administrative et géographique représente un autre défi énorme, elle pourrait toutefois s’avérer une occasion unique d’implanter un système viable de promotion-relégation, comme ce qui est en vigueur dans les championnats les plus importants de la planète.

Pour le moment, tout cela semble plus près de la fiction que de la réalité, mais un bref survol des tendances passées et actuelles permet d’entrevoir des changements assez importants dans la structure et les rapports de pouvoir du soccer mondial au cours des prochaines années.

Pensez-y! S’il y a quelques années on vous avait dit qu’on accueillerait des matchs de Coupe du monde en 2026 et que 2 jeunes internationaux de moins de 20 ans made in Canada seraient achetés par le Bayern Munich [Alphonso Davies] et par le FC Barcelone [Ballou Tabla], vous n’y auriez probablement pas cru.

Et pourtant…

* Propos rapportés par Reuters

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