Une éternité semble s’être écoulée depuis que Joey Saputo étalait publiquement ses inquiétudes face au manque de buzz médiatique autour de l’Impact de Montréal.

Dix mois, une finale de Ligue des champions et une demi-finale d’association plus tard, les doléances du président font place à un espoir renouvelé, au sein d’un paysage médiatique sportif historiquement reconnu pour sa triste homogénéité aux teintes bleu-blanc-rouge.

Propulsé par l’aventure CONCACAF, par une fin de saison spectaculaire et, surtout, par l’arrivée en grande pompe de Didier Drogba, le poids médiatique du club de foot de la métropole a fait un bond spectaculaire en 2015, passant de 3 % à 11 %, soit du cinquième au deuxième rang, derrière l’indélogeable machine tricolore, qui pointe à 71 %.

«Nous n’avons jamais eu un deuxième rang aussi fort depuis que nous faisons ce classement», affirme d’ailleurs Jean-François Dumas, président d’Influence Communication, la firme montréalaise à l’origine du bilan 2015 de l’état de la nouvelle au Québec.

Reflet d’une base de fans composée en forte partie de membres de la génération Y (les millenials), cet engouement croissant dans les médias traditionnels s’est vu amplifié sur les réseaux sociaux, où l’Impact récolte 66 fois plus de mentions que les Alouettes, son «rival naturel» au grand jeu de la popularité locale. Le mot-clic Twitter #IMFC, désignant l’Impact, a été le plus populaire au Québec, toutes catégories confondues, et prend le quatrième rang à travers le Canada.

Si Didier Drogba a été le principal moteur de cette ascension, l’odyssée du onze montréalais en Ligue des champions aura été l’élément déclencheur. L’engouement populaire généré par la finale contre Club América a été au cœur du retour de l’Impact sur les ondes du 98,5 FM, où j’ai d’ailleurs le plaisir d’analyser les matchs aux côtés de mon collègue Jeremy Filosa. Selon M. Dumas, il s’agit d’un pilier important pour que cette croissance perdure : «La radio est le média par excellence pour favoriser l’enracinement d’un sport dans la culture populaire», explique-t-il.

Bien qu’il reste encore beaucoup de travail à faire du côté des médias traditionnels pour traiter comme il se doit non seulement l’Impact, mais aussi les produits MLS et CONCACAF, l’avenir semble prometteur pour tous ceux et celles qui souhaitent une couverture plus complète du ballon rond.

Croissance à prévoir
Dans une société vieillissante comme la nôtre, où les télédiffuseurs cherchent à ramener la génération du millénaire devant le petit écran (on n’a qu’à penser à RDS qui diffuse maintenant les e-Sports), l’Impact représente une belle occasion. Le onze montréalais risque fort d’être perpétuellement relégué à la deuxième place dans le classement du poids médiatique sportif au Québec. Toutefois, l’écart qui le sépare du Canadien pourrait fondre à vue d’œil au cours des années à venir.

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