«Pour moi, la sélection, c’est terminé. Je me suis beaucoup battu, j’ai essayé très fort. Ce sont quatre finales que je n’ai pu gagner, j’ai fait tout mon possible. Ça me fait plus mal qu’à quiconque, mais c’est évident que ce n’est pas pour moi.»

Ces mots, prononcés lundi par Lionel Messi autour de minuit trente, alors que les confettis dorés du podium tapissaient encore la pelouse du MetLife Stadium, ont vite fait de reléguer le double sacre de La Roja (l’équipe nationale chilienne) au second rang parmi les journalistes présents. Si elle laissait place à une certaine ambigüité, autant par la formulation que par le contexte, cette retraite internationale prématurée, annoncée sans crier gare, est venue accélérer l’implosion imminente du football argentin.

On savait que la relation entre le numéro 10 de La Selección et les dirigeants de la fédération argentine (AFA) s’était envenimée au cours des derniers mois, sur fond de crise institutionnelle. Il n’est donc pas impossible qu’au-delà d’une réelle volonté de prendre du recul, cette démission soit aussi en quelque sorte un geste politique.

Une chose est cependant certaine : politique ou non, cette sortie aura un impact fondamental sur la manière dont la AFA renaîtra de ses cendres une fois que la saga judiciaire qui l’afflige, et dans laquelle sont impliqués la FIFA, la justice argentine et le gouvernement, sera terminée.

Si on espère voir «La Pulga» [surnom de Messi] à la Coupe du monde en Russie, en 2018, le ménage devra être fait. Vite et bien.

D’un point de vue strictement sportif maintenant, le fait que cette équipe ait atteint trois finales en moins de deux ans (une en Coupe du monde et deux en Copa América) malgré un organisme régisseur aussi grotesque que crasseux est un réel exploit, dont l’artisan premier n’est nul autre que son capitaine. Comme l’a si bien dit l’ex-gardien du club argentin de Boca, «El Mono» Navarro Montoya, dans un éditorial bien senti paru au lendemain de la victoire chilienne : «Messi, c’est la solution, pas le problème.»

Dans cette perspective de reconstruction du football argentin, autant sur le terrain que sur le plan institutionnel, il est vital qu’on fasse preuve d’humilité et qu’on s’inspire de ce qui s’est fait de l’autre côté de la cordillère des Andes au cours de la dernière décennie.
Si aujourd’hui le Chili fait partie des meilleures – et des plus belles – sélections du monde, c’est tout sauf un hasard.  Une sélection transfigurée  à jamais  en 2007 par l’embauche de Marcelo Bielsa, qui y a jeté les bases d’une identité claire. Principes préservés depuis par ses successeurs (et disciples) Jorge Sampaoli et Juan Antonio Pizzi.

Une continuité philosophique qui a fait cruellement défaut durant cette période à son voisin transandin, pour qui le poids historique de ces quatre finales perdues est devenu insupportable.

Même pour le meilleur joueur de la planète.

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