Ariel Schalit/AP Adhar, un Sud-Soudanais qui travaille à Tel Aviv, est inquiet. Le gouvernement israélien prévoit l’expulsion de 4 500 immigrants illégaux.

Terre promise pour des milliers d’Africains, Israël tourne au cauchemar pour tous les sans-papiers venus refaire leur vie dans un pays considéré comme l’«Eldorado» du Proche-Orient.

Dimanche, une centaine d’entre eux ont été expulsés par avion vers la Corne de l’Afrique, région d’où provient la grande majorité des 65 000 clandestins installés dans l’État hébreu. Deux à trois milles «infiltrés» traversent tous les mois le Sinaï, se font parfois tirer dessus par des soldats égyptiens et finissent souvent dans le centre de détention de Saharonim, en plein désert du Néguev. Trop petit, celui-ci va être remplacé par un autre pouvant accueillir 12 000 personnes.

Une clôture électronique de 250 m de long et de 12 m de haut est également complétée le long de la frontière égyptienne. Et, pour endiguer la «marée africaine» qui a gonflé de 300 % ces six premiers mois, Israël propose, en vain, à certains pays une compensation financière s’ils acceptent de rapatrier leurs ressortissants.

De manière générale, la communauté africaine, majoritairement musulmane et surtout concentrée à Tel Aviv (où elle représenterait 10 % de la population), vit toutes sortes de discriminations. Comme un peu partout en Occident.

Pourtant, Israël a des liens très étroits avec la plupart des pays subsahariens, et les Africains installés sur son sol font les petits boulots délaissés même par les Palestiniens. Pour la droite israélienne, ils sont une menace existentielle au caractère juif du pays, qui ne peut accepter toute la misère du monde. Pour la gauche, leur expulsion est contraire à l’idéal de tolérance inscrit dans les valeurs juives. «Nous sommes tous des réfugiés!» rappelle-t-elle.

Dans tous les cas, on est loin de l’accueil à bras ouverts de 130 000 Éthiopiens il y a une trentaine d’années. Il est vrai que les Falashas sont juifs. Mais, ils sont toujours mal intégrés. Près de 60 % d’entre eux dépendent encore de l’aide sociale, et plus de la moitié vivent sous le seuil de la pauvreté. Israël a définitivement un problème africain.

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