AP

Nicola Thompson a aussitôt allumé sa pipe de marijuana quand ont sonné les douze coups de minuit à Seattle. Depuis jeudi, le cannabis est désormais légal dans l’État de Washington.

Jeunes et moins jeunes, ils étaient plus de 200 à fêter l’événement au centre de la métropole du Nord-Ouest américain, a encore rappelé le Seattle Times à la une, vendredi. Mais, la légalisation du pot à des fins «récréatives» et surtout pas dans un endroit public, risque de ne pas faire long feu.

Votée à 55 % lors d’un référendum, en même temps que la présidentielle du 6 novembre, la loi I-502 contrevient à la législation fédérale sur les drogues, peu importe lesquelles. La marijuana est ainsi classée dans la même catégorie que l’héroïne ou le LSD.

Pourtant, près de 60 % des Américains estiment qu’il est grand temps de décriminaliser le cannabis. Une centaine de millions auraient admis avoir fumé de l’herbe, dont leur président Barack Obama qui a également tâté à d’autres substances.

Rien n’y fait cependant. Le gouvernement fédéral, quel qu’il soit, poursuit sa guerre (perdue) contre toutes les drogues. Un marché noir annuel d’au moins 50 G$ qui profite surtout aux cartels mexicains. Bon an, mal an, la production de marijuana aux États-Unis est estimée elle, à 10 G$.

Au moins un million d’Américains sont arrêtés chaque année pour possession de cannabis. Même les 18 États ayant légalisé la mari à des fins médicales, ont souvent maille à partir avec la Drug Enforcement Administration (DEA).

L’État de Washington, qui interdisait la marijuana depuis 1923, pourrait ne pas pouvoir récupérer le milliard de dollars annuel qu’il compte récolter à partir de 2014 grâce à la taxe de 25% sur la vente de la «drogue douce» dans des magasins spécialisés.

Une partie de la taxe servira à mettre sur pied…une assurance santé publique. Les plus de 21 ans pourront désormais en posséder jusqu’à une once sans être inquiétés par la loi. Le scénario sera le même au Colorado dont la légalisation de la marijuana entrera en vigueur le 5 janvier.

On le voit, dans les deux États la décriminalisation du cannabis est loin d’être libre et incontrôlée. Le conservatisme est peut-être la composante majeure de la psyché américaine, mais la légalisation de la marijuana pourrait se répandre comme une traînée de poudre dans d’autres États.

Avant tout, il faudra convaincre le gouvernement fédéral et faire appel à une institution typiquement américaine: le lobby. Pro-cannabis, bien sûr.

Aussi dans Le monde sous la loupe :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!