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Aux yeux de plusieurs fans de Canadien, le 1er mars 2017 a eu des airs de 1er avril tellement les annonces faites par Marc Bergevin ont d’abord eu l’air d’une farce.

Et pourtant, tous ces nouveaux venus n’étaient finalement pas des poissons d’avril, mais bien des jambons de mars qu’on a pris soin de coller dans le dos des amateurs en leur faisant croire qu’on s’en allait directement en finale, sans même passer par les rondes préliminaires, tellement Canadien est rendu dominant.

Or, que Marc Bergevin n’ait encore rien foutu qui vaille à la date limite des transactions m’apparaît suspect. J’ai cherché quelle pouvait bien être sa stratégie derrière tout ça et je vous soumets cette hypothèse.

Bien sûr, on connaît son charabia habituel : «Gagner la coupe, c’est rendu difficile étant donné la parité dans la nouvelle ligne nationale», bla-bla-bla, «le prix demandé pour les bons joueurs était trop élevé», bla-bla-bla,  «on a ajouté de la profondeur à notre équipe et l’expérience de joueurs qui ont déjà remporté la coupe Stanley».

La coupe ailleurs
À l’ère des faits saillants alternatifs, il ne serait pas surprenant que Marc Bergevin tente de se constituer un club formé seulement de joueurs ayant gagné la coupe ailleurs.

Portons une attention particulière à cette dernière idée : des joueurs avec l’expérience d’une Stanley. Au cours des derniers mois, ce type de joueurs ne cesse de grossir les rangs de Canadien. D’abord, de Chicago, sont arrivés Andrew Shaw et Phillip Danault, avec qui les Blackhawks ont remporté les grands honneurs. Puis, l’été dernier, Canadien a procédé à une signature surprenante, vu son insignifiance, mais qui se révèle au final importante, dans le cadre de notre hypothèse : Bobby Farnham. D’abord, il a évolué dans le club-école des Bruins de Boston, en 2011-2012, année où les Bruins ont remporté la coupe. Puis, il a joué trois matchs avec Pittsburgh en 2015-2016, l’année du dernier championnat des Pingouins.

Et puis cette semaine, Marc Bergevin a fouillé dans les poubelles de Los Angeles et y a déniché Dwight King dans un sac percé de joueurs finis ayant remporté la coupe avec les Kings. Et c’est sans parler de l’arrivée de Steve Ott, repêché par les Stars de Dallas l’année de leur dernière conquête de la Stanley.

À l’ère des faits saillants alternatifs, il ne serait donc pas surprenant que Marc Bergevin tente de se constituer un club formé seulement de joueurs ayant gagné la coupe ailleurs. Ainsi, les joueurs seraient invités régulièrement à faire référence au fait qu’ils ont déjà gagné le précieux trophée (genre, en disant des phrases comme «c’est comme l’année où on a gagné la coupe»), mais sans faire allusion à l’équipe avec laquelle ils l’ont gagné. Au fil du temps, le martelage d’un tel discours pourrait bien en arriver à berner les fans qui finiraient par reprendre eux-mêmes le discours des joueurs, faisant entrer dans l’histoire ce faux fait selon lequel Canadien aurait récemment gagné la coupe et serait une équipe de gagnants.

Honnêtement, je ne vois pas d’autre chose pour expliquer la signature de ces jambons de mars. Et de ceux à venir cet été.

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