Paul Chiasson/La Presse canadienne Denis Coderre, maire de Montréal

La venue des Blue Jays de Toronto à Montréal pour disputer annuellement deux matchs sans aucune importance a engendré, depuis quelques années, la même frénésie qui pousse encore aujourd’hui des gens à se marier.

Pourtant, on sait qu’un mariage sur deux se termine par un divorce et ce, en moins de temps bien souvent qu’il ne le faut à une balle de baseball pour sauter la clôture du champ centre lorsque frappée d’aplomb par un joueur qui manie son manche avec vigueur et qui ne se bâdre pas avec la courbe ou la vélocité de l’offrande.

Malgré cela, le maire de Montréal, Denis Coderre, ainsi que tous les journalistes (sic) sportifs et commentateurs montréalais ne manqueront pas de rappeler à la fin du présent week-end que le Stade olympique aura été plein (ou presque) et qu’il s’agit d’un signal indéniablement clair à l’effet que les partisans du baseball à Montréal répondront présents lorsque les Expos seront de retour.

Bon. Soumettons cette affirmation au test de la comparaison suivante. Disons que vous vous mariez une ou deux fois dans votre vie; il y a fort à parier qu’une large partie de votre entourage immédiat, qui vous apprécie et qui a une conception romantique (lire naïve) de l’amour, sera présent à votre ou vos deux mariages.

Mais supposons que vous étiez épais au point de vous endetter et de marier chacun de vos one night, eh bien, il vous faudrait savoir que les probabilités sont plutôt grandes qu’au final, il n’y ait que ceux qui aiment vraiment, mais vraiment beaucoup les mariages. Ainsi que ceux qui n’auraient pas eu la chance, mettons, d’assister à tous vos mariages précédents et qui y verraient là l’occasion d’aller assister à un événement ponctuel plaisant et de se saouler la gueule en même temps.

C’est la même maudite affaire pour le baseball à Montréal. Bref, les Expos ne reviendront jamais, qu’on se le dise.

Comme un sondage pas fiable
Autre argument: les deux matchs sans importance que jouent annuellement les Blue Jays de Toronto au Stade olympique de Montréal sont l’équivalent d’un sondage non probabiliste reposant sur un échantillon absolument pas représentatif.

Or, que se passe-t-il avec les sondeurs depuis les dernières années alors qu’ils ont recours à cette technique meilleur marché, mais nettement moins fiable? Right. Ils ne sont pu capables pantoute de prédire avec apparence de justesse les faits sociaux en devenir.

«Mais, cela n’empêche pas les commentateurs, chroniqueurs et journalistes de fabriquer du sens à partir de cela et aux politiciens de gouverner par sondage», me dites-vous?

Mouais. Bon, ok. Les Expos vont peut-être revenir, alors. Non. En fait, ils vont revenir.

Vraiment, tout le monde il n’est pas gentil. Il est nono.

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