Ryan Remiorz | La Presse Canadienne

Toujours en mode «recherche de solutions» pour Marc Bergevin, je me suis replongé cette semaine dans la lecture d’un ouvrage classique de philosophie pour enfants :Le Petit Prince, d’Antoine de Saint-Exupéry. Y a là beaucoup d’idées pleines de bon sens qui pourraient être comprises facilement par les joueurs de Canadien. Au pire, y a des ti dessins pour les aider.

Seul hic, toutefois : il faudrait suggérer au personnel hockey de faire sauter aux joueurs les premières pages concernant la morale des dessins de chapeau et de serpent mangeant un éléphant : ces pages pourraient inciter les joueurs à penser qu’ils peuvent interpréter comme ils le veulent les X et les O faits sur le tableau d’entraînement par le coach.

Cela dit, pour le bénéfice des joueurs, il y a ce renard philosophe qui enseigne au Petit Prince de grandes leçons sur l’amitié et la notion de responsabilité. «On apprécie et on connaît les choses que l’on apprivoise», dit le Renard. C’est bien vrai et fort utile pour accueillir un joueur pourri qui débarque de Los Angeles en fin de saison et que Marc Bergevin est allé chercher pour l’expérience en séries. On ne voit bien qu’avec le cœur, dirait le Petit Prince, car l’essentiel du talent d’un Dwight King est invisible pour les yeux.

On ne voit bien qu’avec le cœur, dirait le Petit Prince, car l’essentiel du talent d’un Dwight King est invisible pour les yeux.

Les enseignements du Renard s’appliquent aussi aux bâtons des joueurs. De nos jours, ceux-ci changent de bâtons comme leur coach change de ligne. Or, il faut savoir apprivoiser son bâton pour le connaître et l’apprécier. Et ne pas le casser dans les dents d’un adversaire en rentrant au banc simplement parce qu’on est fâché. Chaque bâton est unique et c’est le temps que tu as perdu pour ton bâton qui fait ton bâton si important. «Je suis responsable de mon bâton», dirait le Petit Prince.

Puis, y a la morale du Roi habitant sur l’astéroïde 325 qui est porteuse d’enseignement pour la direction de Canadien. Comme le Roi l’explique au Petit Prince, qui souhaite que le Roi ordonne – bien que ce soit impossible – au soleil de se coucher afin qu’il puisse admirer immédiatement un coucher de soleil, il est impossible d’ordonner à un joueur de marquer plein de buts illico. «Il faut exiger de chacun ce que chacun peut donner», dit le Roi. Ainsi, en ce qui concerne Philip Danault sur le premier trio, on peut croiser les doigts autant qu’on veut, mais il va continuer de produire comme un centre de quatrième trio. À moins d’être communiste comme le Che et de croire qu’il est possible d’être réaliste en exigeant l’impossible.

Autre hic : la fin du Petit Prince est elle aussi à éviter, car le personnage se dissout, voire se suicide. Et on ne voudrait pas que ça donne des idées au Canadien un soir de défaite de 10-0 à Columbus.

Voilà une autre solution qui devrait aider Canadien à t’être bon l’an prochain : lire Le Petit Prince.

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