La presse canadienne Denis Shapovalov

Lorsque cela fait quelques mois que Canadien ne joue plus, il arrive à l’amateur de hockey de se laisser tenter par d’autres «sports» et de vouloir sauter la clôture, telle Pénélope pendant l’absence d’Ulysse. C’est alors que parfois il zappe et tombe sur le tennis. Et dans la lune. On le comprend.

C’est ce qui m’est arrivé lors du récent tournoi de la Coupe Rogers à Montréal. Ne connaissant pas un traître joueur se renvoyant la balle sur le terrain, je me suis mis à les googler. On va se le dire, y a des noms pas mal compliqués là-dedans.

Intrigué particulièrement par le Canadien Denis Shapovalov qui faisait bonne figure sur le terrain, j’ai été surpris de constater qu’en réalité, c’était ce qu’on appelle dans le milieu de la boxe un «jambon», c’est-à-dire un boxeur dont le rôle est de permettre à un autre boxeur en pleine ascension d’accumuler des victoires faciles.

Je vous entends me dire que Shapovalov représentait déjà avant ce tournoi un espoir considérable du tennis canadien et qu’il est maintenant considéré comme un des plus beaux espoirs du tennis masculin dans le monde. Ça, vous l’avez lu comme moi dans le Journal de Montréal dans un article au titre chauvin suivant :
«Le petit prince du tennis».

Or, rappelons-le, le petit prince a reçu un laissez-passer pour la Coupe Rogers ou comme le disent les Anglais et les Dead Obies, une Wild Card, ce qui lui a permis de ne pas faire les qualifications et d’apparaître comme un cheveu blond gras dans la soupe aux lentilles du tournoi principal.

«Est-ce que le tennis est un sport arrangé? Poser la question, ce n’est pas y répondre. C’est simplement la poser.»

En consultant Wikipédia, on apprend qu’au tennis, une Wild Card est «une autorisation exceptionnelle accordée à un joueur ou une joueuse de participer à un tournoi bien qu’il ou elle ne réponde pas aux critères communs de sélection». Bref, c’est un permis de jambon.

Comment un sport qualifié de professionnel peut-il permettre à un joueur qui n’a pas les qualifications requises pour jouer, de non seulement jouer, mais de pouvoir gagner? Au moins, à la boxe, les jambons ne gagnent pas les combats, à moins que le combat en question soit arrangé.

Est-ce que le tennis est un sport arrangé? Poser la question, ce n’est pas y répondre. C’est simplement la poser.

Si Canadien offrait des laissez-passer à des joueurs de ligne de garage des 4 Glaces de Brossard pour venir disputer des matchs avec Canadien, trouveriez-vous que ce serait une bonne idée? Ça commencerait à faire une pas mal grosse sanouiche au jambon, si vous voulez mon avis.

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