Nathan Denette/La Presse canadienne Nikita Zaitsev et Artturi Lehkonen

Bon, a priori, je sais, vous vous dites: «Quoi? C’est impossible que mon journal, mieux, que MON Métro se soit laissé aller à publier pareille bassesse scatologique.» D’abord, sachez qu’il est toujours préférable d’avoir lu un texte – ou vu une pièce de théâtre – avant d’en faire la critique, pire, avant de crier à la censure. Ensuite, je dirai que ce texte sur Canadien m’a été inspiré par la lecture récente de l’ouvrage que vient de publier l’ami et collègue Boucar Diouf intitulé Apprendre sur le tas. La biologie des bouses. Tout le monde aime Boucar; tout le monde aimera mon texte, que je me suis dit.

Au fait, et si c’était plutôt un compliment que je faisais à Canadien en posant une telle question? Je m’explique. Dans notre société du tout-à-l’égout, la merde est objet de dégoût, de honte et de haine. Or, le petit bouquin de Boucar Diouf, publié aux Éditions La Presse, vise justement à changer nos perceptions sur le caca. Je n’en espère pas moins en ce qui concerne vos impressions au sujet de l’édition 2018-2019 de Canadien.

Prenons par exemple le cas du bousier, dont Boucar cause dans son livre. Petit insecte de la famille des scarabées, il s’avère rebutant pour l’Occidental moyen dès qu’on apprend qu’il se nourrit d’excréments d’animaux et par surcroît, qu’il joue aussi à les enterrer dans le sol. Pourtant, celui-ci s’avère fort utile, car il se trouve ainsi à fertiliser les champs en utilisant ce que d’autres animaux n’ont pas voulu, soit leurs déjections.

Le bousier me fait beaucoup penser aux joueurs repêchés en première ronde par Canadien depuis quelques années. Ceux-ci semblent complètement inutiles, voire rebutants – avez-vous vu patiner Michael McCarron au camp d’entraînement? On dirait un scarabée – alors qu’ils sont essentiels à l’écosystème de la Ligne nationale de hockey. Ils servent notamment de fertilisant à des joueurs du Rocket de Laval en leur apportant les éléments de motivation nécessaires à leur développement; dit autrement, certains d’entre eux n’ayant pas été repêchés ou si oui, l’ayant été très loin, ils peuvent se dire que si McCarron et autres bousiers ont été repêchés en première ronde, tous les espoirs sont permis pour eux.

Détail important: le bousier est menacé d’extinction et sa disparition représenterait un problème majeur pour l’agriculture planétaire. Parallèlement, Canadien semble avoir repêché comme du monde cette année pour la première fois depuis longtemps. Tout se tient. Mais si j’étais le Rocket de Laval, je serais inquiet.

Autre information ragoûtante dans le livre de Boucar Diouf: le caca n’est pas que source de dégoût. Il peut faire rêver. Comme ces Japonais qui ont recyclé les protéines contenues dans les excréments humains pour en faire une viande. Cette boulette contient 63% de protéines, mais il semble que les consommateurs la boudent, dégoûtés qu’ils sont.

Alors que le Centre Bell revoit son offre de manger, peut-être devrait-il songer à inclure ces caca-burgers dans les concessions alimentaires? Après deux, trois Molson Ex, les fans risqueraient de n’y voir que du feu. Et ce serait un pas de plus de franchi pour le sauvetage de la planète.

Bonne saison.

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