Graham Hughes Jonathan Toews, Carey Price, Pk Subban,. Graham Hughes / La Presse Canadienne

Cette semaine, alors que Canadien traversait sa première léthargie de la saison, le gouvernement du Québec a voulu tester une idée auprès de la population en se disant que celle-ci était tellement concentrée à pleurer les trois défaites de suite de Canadien qu’elle trouverait sans doute que son idée a ben de l’allure.

Sauf que, une fois coulée aux journalistes, l’information a fait son chemin jusque dans des articles et des reportages teintés d’un ton dramatiquement alarmant, parce qu’on le sait, les journalistes sont des gauchistes.

L’idée testée par le gouvernement est celle d’une modulation des frais de garderie dans les centres de la petite enfance (CPE) en fonction du revenu des parents. En gros, le tarif universel, ben ça serait fini. Et le monde qui gagne plus cher paierait plus cher que les autres pour le même service. Ramenons le tout à Canadien, l’unité de comparaison par excellence, et posons-nous la question suivante: Canadien offre-t-il ses billets à un tarif dérisoire universel? Non. Car il ferait faillite.

Un peu comme le gouvernement en ce moment.

Y faut ce qu’y faut
Analysons la situation un peu. Canadien offre un service à la population – du gros hockey –, et le partisan peut faire le choix de payer pour regarder Canadien sur place. Il peut également payer plus cher pour voir Canadien de plus proche sur place, mais un fait demeure: dans tous les cas, c’est le même service qui est offert. Autrement dit, Canadien ne joue pas mieux pour le partisan qui paie cher que pour celui qui paie moins cher. De son côté, le partisan qui n’a pas assez d’argent pour aller voir Canadien au Centre Bell peut le regarder chez lui sur le câble ou en piratant les internets, s’il est vraiment paumé.

Pour leur part, les CPE offrent eux aussi un service – du gros gardiennage d’enfants – à la population, et le parent peut choisir de payer pour faire garder son enfant sur place en CPE. Avec la proposition du gouvernement, il ne pourra pas payer plus cher pour voir son enfant de plus proche sur place comme le partisan de Canadien, mais en revanche, le parent peut voir son enfant d’aussi près qu’il le veut le soir à la maison. De son côté, le parent qui n’a pas assez d’argent pour faire garder son enfant en CPE peut rester à la maison avec lui.

Bref, le parent en moyens aura bientôt un peu l’opportunité de se sentir, en se rendant au CPE, comme un partisan qui s’en va voir Canadien, et ça, c’est très cool. Mais surtout, retenons que la manière de faire de Canadien est éprouvée, la preuve étant que c’est toujours plein au Centre Bell. Évidemment, vous pourriez nous répondre qu’il manque déjà de places en CPE.

Peut-être. Mais cela veut surtout dire que les CPE sont déjà un beau succès. Imaginez ce que ce sera quand ça coûtera plus cher!

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