Archives getty La blessure de Carey Price était à ce point tenue secrète cette année que Price lui-même ne savait pas précisément où il était blessé, pas plus que ses thérapeutes.

Les journalistes sportifs sont nombreux depuis quelques semaines à souhaiter que Canadien cesse de jouer à l’autruche lorsque survient une blessure à un joueur.

C’est que Canadien a habitué les journalistes et les fans (qui sont parfois une seule et même personne) à séparer le corps des joueurs blessés en deux et à indiquer, vaguement, dans quelle partie la blessure se trouve : le haut ou le bas du corps. La requête fait du sens toutefois, puisque d’autres équipes de la Ligne nationale de hockey n’hésitent pas à donner davantage d’informations quant aux blessures, ce qui permet aux journalistes sportifs d’écrire de plus longs paragraphes et de remplir davantage de temps d’antenne.

Cette vision dichotomique qu’a Canadien du corps humain, quoique ridicule, s’explique assez facilement. Les gens de hockey ne sont pas des philosophes. Ils sont des gens de hockey. Pour eux, tout se comprend généralement de manière dichotomique, justement : victoire ou défaite, rencontre à domicile ou rencontre à l’étranger, but pour et but contre, etc.

Cela dit, la philosophie de Canadien semble manquer de cohérence, car le fin observateur aura remarqué que cette vision dichotomique du corps ne semble pas s’appliquer aux virus. Bien sûr, on me répondra que les virus affectent parfois le corps dans son ensemble (ce qui nécessiterait de mentionner que le joueur est malade dans le haut ET le bas de son corps en même temps), mais ce n’est pas toujours le cas. Par exemple, la gastro peut n’affecter qu’une seule région, soit les intestins et l’arrière-train, et pourtant, lorsqu’un joueur en est affecté, Canadien ne dit pas que le joueur est malade dans le bas du corps. Canadien dit plutôt : Joe Bine est retranché, car il est affligé (remarquez que Michel Therrien dit parfois infligé) par un virus.

Price savait-il où il était blessé?
Des rumeurs circulent dans le corridor sud-ouest du quatrième étage du Centre Bell selon lesquelles la blessure de Carey Price était à ce point tenue secrète cette année que Price lui-même ne savait pas précisément où il était blessé, pas plus que ses thérapeutes. Canadien aurait en effet demandé à ses médecins de ne rien dire à personne quant à la nature de sa blessure avant que la saison soit terminée.

Price savait donc qu’il était blessé au bas du corps, car il avait mal au genou, mais n’aurait pas su précisément quoi faire pour traiter sa blessure. Or, au Canada, un médecin ne peut mentir ou cacher un diagnostic à son patient.

Qu’en est-il? Au moment de publier ces lignes, Canadien ne nous avait pas rendu nos appels et n’avait pas répondu à nos textos, même si notre application indique qu’ils ont vu le message.

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