collaboration spéciale Les difficultés à s’accoutumer à l’altitude ont complexifié l’ascension par notre chroniqueuse du mont Huayna Potosi en Bolivie.

À mon arrivée en Bolivie, je n’avais qu’une chose en tête: gravir cette fameuse montagne de 6088m d’altitude, le Huayna Potosi. Sûrement le plus gros défi physique de ma vie!

La semaine dernière, je suis partie avec un groupe de cinq personnes et trois guides de montagne pour trois jours d’aventure. J’étais franchement stressée et excitée de repousser mes limites et de franchir le cap des 6000m d’altitude!

La première journée passée au camp de base a servi principalement à l’acclimatation à l’altitude, à apprendre à connaître mon équipe et mes guides, et à apprivoiser les techniques d’escalade de glace. Cela m’a permis de me rassurer et de me mettre en confiance pour les deux jours suivants, bien chargés!

Ma première nuit à 4700m d’altitude ne s’est pas aussi bien passée que je l’aurais espéré. Je dois avoir dormi un maximum d’une ou deux heures… L’altitude m’affectait déjà de différentes façons: j’avais le cœur qui battait à une vitesse folle, j’avais énormément de difficulté avec ma digestion et j’avais un petit mal de tête en permanence. Le matin est arrivé vite, et nous nous sommes préparés pour notre ascension jusqu’au camp numéro 2, à 5130m d’altitude. Arrivés vers 15h, nous avons pris un bon souper, les lumières se sont éteintes dans le dortoir dès 18h, car nous devions tous nous lever vers minuit pour la dernière partie de notre ascension. J’étais stressée, j’avais une boule dans l’estomac et, bien sûr, je n’arrivais pas à dormir!

Le lendemain, j’ai enfilé mes quatre millions de couches de vêtements, mes bottes d’escalade, ma lampe frontale, mon casque… j’étais «prête»! Malgré le bon déjeuner, je ne suis pas vraiment arrivée à manger. Mon estomac avait décidé qu’il ne voulait plus de nourriture. Je devais aller aux toilettes beaucoup trop souvent, je me sentais plutôt faible et je n’étais pas dans la meilleure forme pour ce grand défi.

On a commencé l’ascension. Je me concentrais sur mes pas dans la neige, sur mon pic à glace qui s’enfonçait, sur ma respiration, mon cœur qui battait… Je me disais: «Lydiane, un pas à la fois… Tu vas y arriver.» Je priais pour qu’on me donne l’énergie nécessaire afin d’atteindre le sommet, pour que rien n’arrive et pour que tout le monde soit sain et sauf.

À 5800, mon corps a refusé d’avancer. Je n’avais plus d’énergie, car je n’avais pratiquement rien avalé depuis des heures. J’avais le goût de vomir, j’avais une migraine intense, j’ai été malade à trois reprises… Ça n’allait pas du tout. Mon guide m’a forcée à avaler des jujubes et à boire de l’eau. Il m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit: «Tu vas réussir, tu en es capable, j’en suis certain.»

J’ai continué à avancer en faisant des pauses toutes les deux minutes. J’essayais de respirer et de me convaincre que j’étais capable, que je n’étais pas venue ici pour abandonner. À 100m de l’objectif, j’ai aperçu le sommet et entendu des encouragements du haut de la montagne. Il ne m’en fallait pas plus!

Un pas à la fois, j’ai entamé la dernière partie de la montée. Après ce qui m’a paru une éternité, j’ai senti quelqu’un me serrer dans ses bras et j’ai reçu des félicitations. J’ai relevé la tête: j’étais enfin arrivée! Des larmes de bonheur ont coulé sur mes joues. J’ai remercié mon guide et ma partenaire de montée, qui ne m’avaient jamais laissé tomber. J’ai remercié la vie. Ç’a été une des expériences les plus difficiles que j’ai eu à accomplir dans mon existence et, du même coup, certainement une des plus belles.

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