Lydiane St-Onge/Collaboration spéciale Vu sur le mur: un graffiti disant «Faites du hummus, pas des murs».

Cette chronique n’a pas pour but de vous exposer en détail le conflit entre Israël et la Palestine. Je ne suis pas une politicienne. Des experts le feront mieux que moi. Cependant, je peux vous partager ma vision des choses, en tant que simple voyageuse qui désire mieux comprendre le monde qui l’entoure.

Voici donc ma version, car je ne peux passer sous silence ce que j’ai vu et entendu dans ces deux endroits.

Au départ de mon voyage au Moyen-Orient, je ne voulais pas me rendre en Israël, afin de ne pas encourager ce pays, sa politique et ce qu’il fait subir aux Palestiniens. J’avais rencontré une tonne de réfugiés palestiniens et d’anciens bénévoles lors de mon passage en Jordanie, lu des livres, des témoignages, des articles, et regardé des documentaires, qui m’avaient permis de me forger une opinion arrêtée et plutôt tranchée sur la question. Mais finalement, est-ce vraiment la solution, de boycotter un pays à cause de son gouvernement? J’ai compris que c’était choisir la solution facile, celle qui ne m’amène pas à me questionner, à comprendre les deux côtés de la médaille, à voir de mes propres yeux. Après une longue réflexion, j’ai donc décidé de me rendre en Israël.

J’ai commencé mon périple à Jérusalem, le centre de beaucoup de religions et, surtout, le cœur du conflit israélo-palestinien. J’ai par la suite continué mon chemin vers Tel Aviv, considérée comme l’opposée de Jérusalem. Une station balnéaire où on vit comme s’il n’y avait pas de lendemain! J’ai logé chez deux Israéliens et en ai rencontré des tonnes d’autres! Je suis tombée en amour avec leur gentillesse, leur intelligence, leur humour, leur sensibilité, leur accueil et leur ouverture d’esprit. J’ai compris rapidement que l’opinion publique n’appuie pas nécessairement le gouvernement et sa politique envers la Palestine. J’ai poussé un soupir de soulagement en constatant qu’il y a espoir.

J’ai ensuite eu envie d’observer l’autre côté de la médaille. Je me suis dirigée vers la Palestine, plus précisément vers Bethléem, où j’allais être accueillie par deux familles chrétiennes. Ce sont des gens qui vivent sous le contrôle d’un autre gouvernement, qui ont trop souvent un cousin, un frère ou un père qui a été emprisonné longtemps sans que justice soit faite, qui gagnent des salaires trop bas pour le coût de la vie, qui ne peuvent se rendre en Israël qu’avec une autorisation spéciale, qui perdent leurs terres sans raison au profit des colonies Israéliennes, qui vivent emprisonnés par un mur deux fois plus haut que celui de Berlin et j’en passe. On m’a raconté, on m’a montré, on m’a fait visiter, pour que je puisse mieux comprendre leur quotidien, leur situation, leur vie. J’ai été touchée par leur résilience, leur tentative d’oublier pour mieux profiter de la vie, et de leur capacité à rendre le plus banal possible – pour arriver à garder le moral – les événements injustes qui leur sont infligés.

Je réalise que des deux côtés, beaucoup de gens veulent la paix, mais qu’ils sont pris dans un cercle infini de violence, de peur, de propagande, de fausses croyances. Ils se détestent et s’attaquent, mais ne savent pas toujours pourquoi… On leur a juste enseigné cela. Au final, je me rends compte que les conflits de notre monde, c’est souvent une question d’éducation. Alors je m’adresse à vous, voyageurs et voyageuses : allez explorer cet endroit du monde, c’est loin d’être aussi dangereux qu’on le croit, voyager en Israël et en Palestine. Il n’y a rien de mieux que d’être sur place pour saisir l’ampleur du conflit, pour ensuite en parler et  le dénoncer. En plus, vous y découvrirez un coin du monde absolument sublime, riche en histoire et en religions, où des deux côtés, vous trouverez des gens accueillants, généreux, ouverts d’esprits, inspirants.

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