Le projet de la Maison du développement durable est né au début des années 2000, de discussions entre des groupes environnementaux qui souhaitaient se doter d’un lieu pour se regrouper et interagir autour du développement durable, organiser des rencontres, et parallèlement, faire avancer l’industrie du bâtiment en termes d’impacts environnementaux.

À cette époque, Équiterre logeait dans des locaux absolument horribles, à la limite insalubres. La décision de déménager s’imposait et nous avons décidé de faire de ce déménagement un modèle en termes de développement durable. Cette nécessité de trouver des locaux convenables a fait en sorte qu’Équiterre a pris le leadership du projet.

Un long travail de mobilisation
On s’est donc mis à chercher des lieux, des terrains ou des bâtiments qu’on pourrait rénover. D’autres groupes environnementaux et sociaux se sont greffés et le projet s’est tranquillement dessiné.

Il a d’abord fallu trouver des partenaires et les convaincre de partager leur expertise, convaincre Hydro-Québec de nous donner un terrain, amener un tas de gens à nous financer et convaincre les sept autres organisations fondatrices d’embarquer dans l’aventure. Plusieurs avaient des réticences, car il y avait un certain risque financier: nos conditions de travail seraient grandement améliorées, mais les coûts de loyer allaient aussi augmenter.

De nombreux défis
Au départ, maintenir l’optimisme des participants a représenté tout un défi, car on partait de zéro et on essuyait de nombreux revers. C’était un projet très innovant écologiquement. C’était aussi un projet porté par un organisme sans but lucratif sans ressources financières, sans expertise et sans expérience!

Néanmoins, une vingtaine de personnes ont embarqué et y ont cru jusqu’à la fin. Elles ont apporté leur expertise, donné du temps et de l’argent. La crédibilité de ces organisations a d’ailleurs comblé notre manque d’expérience.

Mais un véritable défi fut de mettre de côté nos idéaux d’environnementalistes à l’égard des bâtiments. Soudainement, nous étions de l’autre côté de la clôture; celui du promoteur, alors que nous avions l’habitude de critiquer les promoteurs. On visait rien de moins que de construire le bâtiment le plus écologique au monde et là, on devait ajuster nos objectifs en fonction d’une réalité: le budget!

Une grande fierté
Aujourd’hui, nous tirons une énorme satisfaction d’avoir réussi à construire le premier bâtiment certifié LEED Platine NC au Québec, l’un des plus écologiques au pays,. Mais après 5 ans, nous réalisons que la.véritable réussite est d’avoir créé ce carrefour de rencontres avec 22 organisations qui réalisent des projets ensemble, animent une programmation citoyenne, mettent en commun des ressources et amènent de nouvelles opportunités d’innovations en développement durable, un carrefour de réunions qui attirent chaque année des milliers de personnes de tous horizons: affaires, privé, OBNL, etc.

Une vision d’avenir en bâtiment durable
L’enjeu qu’on a aujourd’hui est que le carrefour de rencontres fonctionne tellement bien qu’on n’a plus assez de place! Il nous faudra trouver une façon de continuer à faire grandir ce carrefour pour rejoindre encore plus de monde.

Il faudrait que les gouvernements aillent beaucoup plus loin en matière de bâtiments, tant publics que communautaires et privés. Qu’ils montrent l’exemple avec les bâtiments qu’ils gèrent comme les écoles, les hôpitaux, qu’ils mettent sur pied des programmes d’efficacité énergétique, etc. Notre objectif ultime serait que la MDD devienne un bâtiment «banal», que ce soit LA norme.

Aussi dans Maison du développement durable :

blog comments powered by Disqus