Yves Provencher/Métro Richard Desjardins

Je suis revenue du Grand Nord, samedi dernier. Alors que j’ai encore en mémoire les aurores boréales qui illuminent Kuujjuaq, j’essaie de composer avec l’amertume et la tristesse de me retrouver en ville. Disons que la pluie n’arrange pas trop les choses. Lorsque je retourne dans cette jungle de béton et d’asphalte, c’est dans les chansons et la poésie que je me réfugie. Le mal du pays devient alors un peu moins lourd. Lundi, alors que j’étais principalement concentrée à manger mon sandwich et à ne pas pleurer, je suis tombée sur cette magnifique reprise de Tu m’aimes-tu de Richard Desjardins par Fred Fortin. C’est l’une de mes préférées de Richard. Inutile de dire que je n’ai pas pu retenir mes larmes bien longtemps.

Cette reprise est le premier extrait d’un album hommage à ce géant de la chanson québécoise. Treize de ses plus belles compositions interprétées par des artistes d’ici, dont Matiu, Klô Pelgag, Philippe Brach, Safia Nolin et Yann Perreau.

Du plus loin que je me souvienne, Richard Desjardins a toujours fait partie de ma vie. Son album live au Club Soda en 1993, je l’ai écouté au moins 1 000 fois. Mon grand-père l’avait sur cassette et le faisait jouer à peu près tous les soirs lorsque nous étions dans le bois. Mes plus doux souvenirs d’enfance. Grand-père nous faisait du pop-corn 
dans son carré d’tente, pendant que Richard nous souhaitait «Bienvenue 
au Boom Town Café» 
dans la radio. Ma première vraie peine d’amour, je 
l’ai pleurée sur Va-t’en pas. 
À ce moment-là, j’ai compris c’était quoi, «un ciel si dur que tombaient les oiseaux». Les souvenirs, ils sont nombreux: ma mère et 
ma sœur qui s’époumonent sur Les Yankees et Roger Guntacker, mon père qui chante Le prix de l’or dans la chaloupe, ou moi qui retrouve la force des femmes autochtones dans Nataq. D’année en année, j’arrive à mieux comprendre tout le sens derrière la poésie de Desjardins. C’est pourquoi je prends plaisir à redécouvrir ses vieux albums, de temps en temps.

La compilation hommage intitulée Desjardins sera en vente le 28 avril prochain. Les artistes qui ont l’honneur de chanter ses mots 
le feront avec brio et justesse, j’en suis certaine. 
S’il faut remercier Richard pour ses chansons et ses poèmes, il faut aussi le remercier pour les luttes qu’il a menées pour l’environnement et les droits des peuples autochtones. D’ailleurs, son œuvre mériterait d’occuper une plus grande place dans nos institutions scolaires. Sa région natale, l’Abitibi, je la porte dans mon cœur pour plusieurs raisons. Il en fait certainement partie. Richard, 
merci pour tout.

Aussi dans Maïtée Labrecque-Saganash :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!