J’ai eu la chance d’être à la maison deux fois en deux semaines. Eeyou Istchee était belle et puissante avec ses rivières sorties de leur lit et ses lacs calés. L’odeur de l’outarde sur le feu et le goût du castor m’ont fait revisiter mes meilleurs souvenirs. Comme dit mon collègue chroniqueur Antoine Ross-Trempe: «Le truc qui est cool avec l’odeur du sapin, c’est qu’une simple photo/évocation convoque l’odeur dans notre nez. Impossible de ne pas se souvenir de celle-ci.» La vue sur la rivière Waswanipi m’a aidée à apaiser la douleur qu’engendre la perte d’un être cher. Une pas pire vue pour y célébrer son anni­versaire aussi.

La fin de semaine dernière, j’y étais pour donner des activités avec Fusion Jeunesse. La conférence sur le leadership rassemble des jeunes des neuf communautés cries, d’Inukjuak et de Puvirnituq. Une occasion pour ceux-ci d’entendre les témoignages de jeunes autochtones, d’avoir des formations en leadership.

Lorsqu’on nous dit que les Autochtones ne font rien pour se sortir de la misère, nous sommes plusieurs à répliquer que c’est faux. La jeunesse autochtone est en marche, animée d’un désir de briser les cercles de violence psychologique, physique et sexuelle dans lesquels on l’a plongée. Le réseau jeunesse de l’Assemblée des Premières Nations, le Qarjuit Youth Council, le Cree Nation Youth Council et le Conseil Jeunesse de Femmes Autochtones du Québec en sont la preuve. Signataires de stratégies d’action avec le Secrétariat à la jeunesse, ils tiendront les rênes de celles-ci pendant cinq années. Des projets pour des Autochtones et par des Autochtones. Le travail à venir me fait sourire. Enfin, on donne de l’autonomie à nos jeunes.

Ces conseils jeunesse ne sont pas les seuls exemples que je donne lorsque je parle de responsabilisation de nos Nations. Working It Out Together et Red Rising sont deux magazines autochtones qui sortent des sentiers battus. Nés d’une volonté de raconter nos propres histoires sans être biaisés par les médias allochtones, ces médias offrent une plateforme pour les poètes, auteurs, peintres et photographes. Ils sont sur les médias sociaux et leurs contenus sont disponibles sur leurs sites. Vous verrez que les cultures autochtones évoluent et que les jeunes Autochtones sont tout sauf ce que vous trouvez dans les livres scolaires. Ils sont bouillants d’idées, pleins de verve, et marient à la fois traditions et modernité.

La plateforme Espace Autochtone de Radio-Canada offre aussi du contenu en continu qui défait les stéréotypes entourant nos communautés.

Nous avons raconté nos histoires troublantes des milliers de fois. Peu nous ont tendu l’oreille. C’était mon message aux jeunes à la conférence de leadership : «S’ils ne veulent pas écouter nos drames, forçons-les à être témoins de notre guérison.»

Nous devrons arrêter de nous plier à des exigences venues d’ailleurs, à des codes qui ne nous ressemblent point, et écrire notre avenir.

Aussi dans Maïtée Labrecque-Saganash :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!