Jacques Boissinot/La Presse canadienne Jean-François Lisée

Il y a de ces moments qui provoquent plusieurs émotions à la fois chez moi. Cette semaine, je dois avouer qu’ils ont été nombreux. Du «Politburo» de Québec solidaire aux choix éditoriaux douteux du Devoir en passant par l’arrogance de Justin Trudeau chez le pape et le silence médiatique sur la loi spéciale au sujet de la grève des travailleurs de la construction, les derniers jours ont été parfois comiques, parfois longs.

Commençons par les bonnes vieilles péquisteries. Cette semaine, à la suite de la décision des militants de QS entourant la convergence, Jean-François Lisée était particulièrement en forme et a fait la déclaration suivante: «Québec solidaire est dirigé par un Politburo, un groupe obscur de radicaux, qui est nuisible au changement social et politique et au mouvement indépendantiste.» Quand je pense que Lisée s’est surpassé en matière de mauvaise foi, le voilà qui revient à la charge. Il y a quelque chose de triste à voir le Parti québécois s’humilier de la sorte ces derniers temps. J’imagine qu’il est plus facile de jeter le blâme sur l’autre que de faire un peu d’introspection. J’imagine qu’il est plus facile de partir sur un délire soviétique que d’avouer que l’épisode de la charte rend encore amer et que battre les libéraux ne constitue pas un projet de société pour tout le monde (et que c’est la seule chose que Lisée offre pour le moment). J’ai d’ailleurs été peu surprise de voir que Patrick Bellerose, du Journal de Québec, s’était invité dans la théorie du complot en publiant un article complet sur la présence de Nadeau-Dubois à un événement marxiste en 2013. Comme quoi il avait oublié que Pierre Karl Péladeau a jadis té marxiste-léniniste.

Malgré les excellentes performances de Lisée, Justin Trudeau reste le champion de l’arrogance. De passage au Vatican, il a profité de sa visite chez le pape pour lui suggérer de s’excuser auprès des peuples autochtones du Canada, notamment pour les politiques d’assimilation et le régime des pensionnats. Jusque là, ça va. Cette demande faisait partie des 94 recommandations de la commission vérité et réconciliation. Il est par contre comique d’entendre cette demande de la part d’un homme dont le gouvernement a approuvé des projets d’oléoducs dénoncés par 122 nations autochtones et qui continue de sous-financer les enfants de ces mêmes peuples. Un homme qui tremble de peur devant l’idée de voter en faveur du projet de loi C-262, pour que les lois fédérales soient en harmonie avec la Déclaration des Nation unies sur les droits des peuples autochtones, ne peut se prétendre d’une telle supériorité morale. Il est aussi bien triste de voir que certains médias boivent encore ses paroles sur le soi-disant respect de nos droits.

La fin de session parlementaire arrive à Québec et Ottawa, en même temps que la saison des slow news. D’ici là, j’espère très fort que la qualité des débats
augmentera un brin.

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