C’est parti! Les travaux de la commission Viens sur les relations avec les peuples autochtones ont débuté lundi. C’est dans la ville de Val-d’Or, encore «poquée» par le dossier des allégations contre des policiers de la SQ, que se sont rassemblés Autochtones et Allochtones, pour le début de la commission d’enquête. Disposés en cercle, les différents acteurs de ce processus ont formellement ouvert ce qui se veut un dialogue, selon nos protocoles traditionnels. Vous avez l’habitude de lire une Maïtée fâchée et amère. Mais pour une fois, j’ai envie d’être optimiste.

Les femmes autochtones qui ont dénoncé les mauvais traitements de la SQ à l’émission Enquête sont les germes de cette commission, qui se penchera sur le traitement des Premiers Peuples par les services publics. Celle-ci a un mandat plus large que la commission sur les femmes autochtones disparues ou assassinées au Canada. «Écoute, réconciliation et progrès.» À la suite des tergiversations de l’enquête canadienne, j’étais sceptique face à l’enquête provinciale. Avec du recul, je crois maintenant que mes sœurs et frères méritent qu’on s’investisse pleinement dans ce processus. C’est notre devoir d’y croire et de témoigner devant celle-ci. Les femmes qui ont ramassé le peu d’énergie qui leur restait pour dénoncer un système brisé méritent qu’on soit optimiste, tout en restant pragmatique. Heureusement, trois organisations seront des participants officiels : Femmes autochtones du Québec, l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador et le gouvernement de la Nation crie.
J’ai confiance que l’expertise de celles-ci sera utile, tout au long du processus.

Nous devons cependant rester fermes dans nos demandes. Jusqu’à maintenant, la commission a été transparente dans ses démarches, mais nous devons garder le cap. Je vous tends donc la main. Si vous avez été témoin de discrimination envers un-e ou des Autochtones dans votre milieu de travail, la commission est là pour vous entendre. Nos revendications auront plus d’impact si des Allochtones viennent appuyer nos témoignages. Si votre milieu de travail accueille une grande clientèle autochtone et que vous n’avez pas les outils nécessaires pour les accommoder, la commission Viens est aussi une tribune pour recevoir vos demandes. Ce genre de témoignages ne peut qu’aider à bonifier nos services publics.

On me demande souvent comment les Blancs peuvent aider les Autochtones. Je pense qu’exprimer votre volonté de bâtir des ponts devant le juge Viens est un bon début. Que vous soyez issu du mouvement étudiant, du milieu syndical, du milieu médical, du milieu des services sociaux ou de toute autre institution qui offre des services publics, vous avez votre place dans cette marche vers la réconciliation.

À mes sœurs et frères : j’espère que nous trouverons un peu de justice au bout de ce processus. Mamu. Ensemble.

Aussi dans Maïtée Labrecque-Saganash :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!