John Woods/La Presse canadienne Delores Daniels tient une photo de sa fille Serena McKay, assassinée il y a trois mois à Sagkeeng, au Manitoba.

Mardi matin, les courriels ne cessaient pas d’entrer dans ma boîte de messagerie. Depuis les derniers mois, quand ça arrive, c’est qu’il y a d’importantes nouvelles concernant une des deux commissions d’enquête sur les Autochtones. Les médias ont confirmé mon inquiétude: Marilyn Poitras démissionne de son poste de commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées. Sa décision alourdit le bilan de six départs depuis le début de l’enquête.

L’équipe avait décidé de suspendre les audiences publiques durant l’été, afin de répondre aux critiques concernant la structure de la commission. Visiblement, selon les dires de Marilyn Poitras, l’équipe hésite encore à appliquer les recommandations des différents organismes autochtones du pays, car celle-ci se dit incapable de faire son travail dans la présente structure. C’est un autre coup dur pour les familles des victimes, dont certaines attendent cette commission depuis 30 ans.

Si j’ai refusé d’en parler publiquement jusqu’à aujourd’hui, c’est que j’essaie encore de ne pas me laisser envahir par le cynisme. Je commence toutefois à être carrément frustrée par le manque de transparence de la commission. C’est un peu insultant de voir la commissaire Audette relativiser la vague de démissions. L’heure n’est pas à mentir à la population en faisant passer ces graves problèmes structurels pour de petites mésententes; il faut donner l’heure juste aux familles et s’asseoir avec les principaux acteurs de cette commission. Le temps file. Le premier rapport est à remettre en novembre et une seule audience publique a eu lieu.

C’est également insultant pour tous ceux qui se sont battus pendant des années pour avoir cette commission. Je ressens un profond malaise à voir la commission Viens livrer la marchandise et être à l’écoute des organismes autochtones alors que des Allochtones sont en charge de celle-ci. Encore une fois, on passe un peu pour des pupilles de l’État, incapables d’être aux rênes de quoi que ce soit.

Par contre, pour connaître bon nombre de femmes qui s’impliquent au sein de cette commission, je sais qu’elles sont habitées de bonnes intentions. Je sais qu’elles n’en peuvent plus de voir ce processus stagner. Toutefois, il est temps de tendre la main à celles qui ont offert leur aide. Cette commission a besoin de femmes comme Leah Gazan, Pam Palmater ou Sheila North Wilson. Les imbroglios, quels qu’ils soient, sont en train de miner l’enquête. Seulement un arrêt au Québec et un seul en Saskatchewan pour les audiences publiques, c’est simplement irréaliste. Si l’équipe travaille réellement dans l’intérêt de notre sécurité, elle devra mettre ses culottes et demander une extension dans le processus.

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