J’écris ces lignes alors que je me trouve dans un des plus beaux endroits du monde. Je suis de retour en terres inuites, un des endroits les plus isolés et méconnus du Québec. Je ne sais d’ailleurs pas si ces mots se rendront à vous, car les réseaux de communication ne sont pas performants. À ce temps-ci de l’année, de Kangiqsualujjuaq à Tasiujaq, l’arctic char goûte le ciel et le territoire nous offre les baies les plus sucrées. Alors qu’on pense que le Nunavik n’est que synonyme de suicide et de pauvreté, les gens ici me prouvent le contraire à chaque fois.

Beaucoup d’Allochtones se rendent au Nunavik avec l’intention d’y sauver «les pauvres petits Inuit». Pourtant, dans un territoire où la culture et la langue sont fortement célébrées, on devrait plutôt s’y rendre pour plusieurs autres raisons. Chez plusieurs peuples autochtones, la sensibilisation à leurs conditions de vie, leur mode de vie et la protection du territoire passent par le tourisme. À Kangisualujjuaq, j’ai fait la connaissance des Inuit qui travaillent pour Parcs Nunavik. Ceux-ci nous ont présenté les trois parcs, Pingualuit, Kuururjuaq et Tursujuq, et les expéditions offertes par l’organisation. Comme c’est eux qui connaissent le mieux le territoire et l’hostilité de celui-ci, les gens qui achètent les excursions se retrouvent aux bons soins de guides inuit.

Trekking au cratère de Pingualuit, ascension du mont Iberville ou pêche à l’arctic char, les façons d’encourager l’industrie touristique locale sont multiples. Comme c’est une question qui m’est souvent posée, je dirai que Tourisme Nunavik et l’Institut culturel Avataq sont aussi d’excellentes ressources pour ceux et celles qui souhaitent en apprendre plus sur le territoire. En plus d’être bénéfique pour l’économie du Nunavik, le tourisme durable permet de comprendre pourquoi les Inuit sont aussi fortement opposés à l’industrie minière et pétrolière. Avec son sol riche en minéraux, le Nunavik est parsemé de claims miniers. Comme je l’ai souvent dit, la réconciliation entre Autochtones et Allochtones passe, selon moi, par la défense des ressources naturelles.

J’ai souvent mal pour ces gens qu’on laisse vivre dans des conditions dignes du tiers-monde, créées par la colonisation. J’ai mal de constater l’ignorance collective face à une culture aussi riche que celle des Inuit. Au lieu de vouloir les «sauver», nous devrions plutôt les aider à être plus autonomes, cesser de vouloir changer leurs façons de faire et les laisser vivre pleinement leur culture qu’on continue d’ailleurs de vouloir détruire. Je vous souhaite à tous et à toutes de les rencontrer eux et la toundra, au moins une fois dans votre vie. Vous en sortirez grandis, humbles et, surtout, reconnaissants. D’ailleurs, lorsqu’on part du Nunavik, on y laisse une petite partie de son cœur.

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