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Mardi, c’était la Journée mondiale de la santé mentale, et du 1er au 7 octobre avait lieu la Semaine de sensibilisation aux maladies mentales. C’est généralement le moment où on se ment toutes et tous en pleine face en affirmant faussement qu’on ne stigmatise pas du tout les maladies mentales et qu’on déploie des efforts monumentaux pour aider ceux qui essaient très fort de garder la tête hors de l’eau. Ces journées m’agacent, non pas en raison de leurs objectifs, mais plutôt parce qu’elles mettent en lumière l’évidente hypocrisie de ceux qui ne souffrent pas de maladie mentale. Et vous constaterez que le lendemain, on n’en parle plus.

Je suis écœurée, fâchée et triste. Je suis écœurée de voir les patronnes n’avoir aucune empathie envers leurs employées. Selon l’Institut en santé mentale de Montréal, la majorité des absences au travail sont liées au stress. Je suis écœurée de voir que des personnes de mon entourage perdent leur emploi, parce qu’elles souffrent d’une ou de plusieurs maladies mentales.

Si on est moindrement logique, on sait que placer une personne malade dans une situation d’instabilité financière peut s’avérer dangereux. Je suis écœurée de voir les institutions post-secondaires être obligées de couper dans les services de psychologie, même si 35,1% des cégépiens de huit établissements au Québec souffrent d’anxiété souvent ou tout le temps et si 17,4% vivent beaucoup ou énormément de détresse psychologique, selon une récente recherche financée par le Collège de Bois-de-Boulogne.

Vraiment, merci au gouvernement Couillard, qui sous-finance le système d’éducation au Québec! Je suis également écœurée des commentaires déplacés du genre: «Faire du sport t’aiderait sûrement à passer à travers ta dépression.» Une personne dépressive qui a de la misère à se doucher ou à se faire à manger n’ira probablement pas faire du jogging. D’ailleurs, cessez de me dire que le curcuma et la pensée positive vont guérir ma bipolarité. Ça commence à devenir chiant.

Je suis écœurée de voir qu’on manque cruellement de services de base bien simples en santé mentale. Des services gratuits de prise de rendez-vous en ligne dans les cliniques, car, breaking news: l’anxiété peut handicaper une personne au point de la rendre incapable de faire un appel téléphonique. Vous seriez surpris du nombre de gens qui sont dans cette situation. Des services à domicile, car une personne qui souffre de maladie mentale n’a pas nécessairement l’énergie ou la capacité de sortir de chez elle. Je suis écœurée de voir mes amies n’avoir que quelques groupes secrets sur Facebook pour obtenir du soutien et de l’aide. Je suis écœurée qu’on leur dise qu’elles sont en manque d’attention quand elles ont plus d’un diagnostic. Je suis écœurée de voir la gauche allochtone parler du taux de suicide chez les jeunes Autochtones seulement quand ça fait la une.

Où êtes-vous pour dénoncer le fait que des communautés comme Attawapiskat n’ont toujours pas les travailleurs sociaux supplémentaires qu’on leur avait promis, même après des vagues de suicides?

Je suis écœurée, fâchée et triste de voir qu’on attend la journée Bell cause pour la cause pour penser au problème.

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