Si vous avez des amis autochtones, vous avez fort probablement entendu parler du plat de pow-wow par excellence : le Indian taco. Cette merveille culinaire fait fureur depuis longtemps dans les communautés. J’ai un certain talent pour cuisiner la meilleure invention de tous les temps et j’arrive à convertir les plus sceptiques. Tous sont unanimes et disent que leur premier Indian taco a touché leur âme. La recette est simple : on troque la tortilla contre une bannique frite, on verse un chili avec la viande de son choix sur celui-ci et on ajoute du fromage râpé, de la laitue et des tomates coupées en dés. Il existe aussi la variante «suprême», avec de la crème sure.

Hier, mon amie et moi avons repoussé les limites du concept. À la suite d’un rêve, elle est venue me voir en disant : «J’ai rêvé que je mangeais un mystérieux Indian taco déjeuner.» Nous avons ensuite réfléchi à notre création, et je me suis transformée en un genre de Ricardo autochtone. Ce plat est probablement une de mes plus belles réussites : bannique frite, perdrix, sauté de champignons, cheddar vieilli, œuf poché, le tout nappé de sauce hollandaise et décoré de ciboulette.

Mon amie et moi aimons bien l’auto-dérision et nous approprier les stéréotypes. Malgré tout notre amour pour notre spiritualité et les Indian tacos, nous prenons un malin plaisir à tourner certaines situations en humour. Le poids des stéréotypes et des clichés est parfois lourd à porter. L’humour devient alors un mécanisme de défense rassembleur et efficace. De nombreuses pages de «memes» autochtones existent maintenant sur Facebook ou Instagram, et nous sommes arrivés à faire notre place dans la meme culture, ou «mémétique», comme on dit au Québec. Il y a quelque chose de franchement libérateur dans le fait de s’approprier les blagues de réserves, d’animisme ou de pow-wows. L’humour, parfois léger, parfois revendicateur, est un bon moyen de faire passer un message ou de simplement décrocher du négatif qui entoure parfois nos communautés. C’est une de mes résolutions pour 2018: être moins amère et tenter de tourner plus souvent les commentaires haineux à mon égard et à celui de mon peuple en humour.

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