Voyager dans les communautés de mon territoire me permet de constater que chaque personne est nécessaire afin d’en assurer le bon fonctionnement. Offrir des services dans des communautés isolées comporte ses défis, mais voir mon peuple trouver des manières créatives pour y arriver me fascine chaque fois. Cette semaine, je regardais le groupe Guhkums [«grands-mères»] and Friends tricoter ensemble et j’affichais un sourire un peu niais en voyant que de si belles activités pour les aînés sont offertes ici, à Wemindji. On essaie de veiller sur tout le monde et certaines personnes en font un métier. Lorsqu’on me demande qui j’admire dans ma communauté, le nom de mon cousin, chef du service de pompiers de Waswanipi, me vient toujours en tête.

Ç’a toujours été sa vocation, depuis 15 ans pour être exact. J’ai rarement vu des gens mettre autant d’amour, de temps et d’énergie dans leur métier. C’est rassurant à voir, et j’ai la certitude que cela explique le nombre croissant de jeunes hommes qui viennent cogner à la porte des services de pompiers sur tout le territoire. Timothy s’est récemment présenté devant le comité permanent du ministère fédéral des Affaires autochtones et du Nord pour parler des réalités des pompiers dans les communautés autochtones.

Comme Tim me le disait, les maisons construites par le gouvernement sont souvent de mauvaise qualité et brûlent comme de la paille, une autre conséquence de la Loi sur les Indiens. Il est nécessaire d’avoir le personnel nécessaire et d’agir rapidement en cas d’incendie. Au début, il était seul pour faire la prévention, l’entretien des camions, etc. «Mon conseil de bande et moi avons travaillé ensemble afin d’avoir plus de personnel.» Mais il en manque encore, surtout des pompiers qui ont plus de 25 ans et qui ont plusieurs années d’expérience.

Les gens qui ont parlé devant ce comité ont souligné le manque d’équipement adapté aux réalités nordiques et le financement insuffisant. Ma communauté se trouve à 122 km de la ville la plus proche, donc il est primordial d’avoir l’équipement nécessaire sur place et en état de marche. Les communautés demandent sans cesse des trucs qui nous paraissent bien simples, comme des bateaux de sauvetage, nécessaires sur les grands plans d’eau de notre territoire, mais nous attendons encore.

Malgré tout, les Cris ont développé une expertise dans le domaine et ouvrent la voie pour les autres nations. Pour la première fois cette année, les formations seront données sur le territoire cri, par des Cris et pour des Cris. Les formations sont diversifiées. Les pompiers de Waswanipi ont même été formés dans l’eau, selon les actualités de la page Facebook du service de pompiers.

En tant que chef du service de pompiers de Waswanipi, mon cousin s’assure de créer un environnement sain où les jeunes peuvent se mettre en forme, repousser leurs limites et s’épanouir dans leur métier. J’ai vu plusieurs jeunes sur le territoire sortir changés et inspirés de leur formation, prêts à se prendre en main. Lorsque je vois des membres de ma communauté rêver grand et toujours pousser plus fort pour notre sécurité, je deviens un peu plus fière d’en faire partie.

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