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Un jour, quelqu’un m’a dit : «Quand tu bois, tu ne peux pas être réellement toi-même. Les esprits et tes ancêtres ne te reconnaissent donc pas et ne peuvent pas te protéger.» À l’époque, cette phrase m’avait fait beaucoup réfléchir. Pour ma part, il est vrai que je ne rêve pas si je bois. Je m’étais alors sentie triste de savoir que je me coupais volontairement de cette connexion que j’ai avec ce qu’on appelle le monde des esprits. Cet enseignement à propos de l’alcool, j’ai décidé de le mettre en pratique il y a déjà trois mois.

Je n’ai pas de difficulté à ne pas boire quand je suis dans le Nord. J’ai des amis et de la famille qui mènent ce train de vie depuis des années, donc trouver des activités qui n’impliquent pas de consommer de l’alcool est assez facile. Même si le stéréotype dit le contraire, la réserve est l’endroit où j’arrive le plus à avoir un mode de vie sain. À Mont­réal, la présence d’alcool est justifiée aux repas, aux activités sociales, etc.

C’est cette constante justification qui soulève beaucoup de questionnements quand je refuse un verre. «Même pas un?» «Plus jamais de la vie?» Évidemment, le moment n’est pas toujours propice pour parler des raisons culturelles et spirituelles derrière ma décision. Mais souvent, les gens ont du mal à se contenter d’un «non merci». Je me heurte aussi à des : «Mais pourquoi tu n’apprends pas à boire juste un peu?» Considérant mon passé, non. Il y a également quelque chose de dérangeant dans le fait d’encourager quelqu’un à boire, ne serait-ce qu’un peu.

J’avais lu avec grand intérêt plusieurs articles du genre «J’ai arrêté de boire pendant un an et voici ce qui m’est arrivé». L’approche de certains d’entre eux me semblait un peu off. Je ne donne pas dans le jugement et je ne veux pas montrer du doigt. Ma réalité et mon rapport à l’alcool sont différents de ceux des autres.

Un texte m’a par contre beaucoup parlé, celui d’un certain Malcolm Bedell, «What Happened to Me After Giving Up Booze for a Year». Comme lui, avec du recul, j’ai aussi remarqué la lucidité avec laquelle je prends des décisions et à quel point j’arrive à mieux gérer mes émotions. Je vois aussi une différence sur ma santé et mon sommeil. Comme l’article le mentionne, quand on a un problème d’alcool, on a l’habitude d’accepter plusieurs problèmes physiques et chroniques juste «parce que les choses sont ainsi faites».

J’avais vraiment modéré ma consommation d’alcool il y a des mois. Passer des semaines, voire des mois, à ne pas boire m’a fait réaliser bien des choses, la première étant que c’est beaucoup plus facile que je l’aurais imaginé. Il y a des moments plus durs que d’autres, mais dans mon cas, ce n’est pas la fin du monde. J’ai aussi réalisé que je m’investis dans des relations beaucoup plus significatives et que ma décision a un impact positif sur ma famille. Je dis cela avec humilité, puisque ma décision est relativement récente, mais j’en tire déjà une leçon.

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