On dirait que cela fait un siècle. Pourtant, il y a moins de huit moins que la vague orange déferlait sur le Québec. Jack Layton faisait entrer le NPD dans les grandes ligues. Son départ aura laissé un grand vide que le parti doit tenter de combler. La campagne à la chefferie du NPD entreprend son dernier mois. Le dernier droit d’un très long marathon qui, jusqu’à maintenant, n’a pas su captiver même les plus passionnés.

Il s’agit pourtant d’un vote important. Il permettra de nommer celui ou celle qui aura pour mandat de faire le contrepoids au gouvernement Harper. Encore plus, ce vote prend une signification toute particulière au Québec, puisqu’il désignera la personne qui dirigera la plus importante délégation de députés québécois à Ottawa. Ce choix n’est pas anodin.

Quelque 128 000 membres auront le privilège de choisir le prochain chef de l’opposition officielle à Ottawa. L’Ontario et la Colombie-Britannique auront un poids déterminant avec près de 60 % des membres. Loin de la représentation de sa députation ou encore de sa population, le Québec ne comptera que pour 10 %, et ce, malgré une croissance impressionnante du nombre de membres.

Le choix qui s’offre aux quelque 128 351 membres néo-démocrates semble se polariser. Les alternatives : un candidat ancré dans la tradition du parti comme Brian Topp, ou encore Thomas Mulcair que certains qualifient de trop centriste.

Dans cette perspective, il importe de se rappeler qu’en juin dernier, 1 500 délégués étaient réunis à Vancouver pour célébrer les 50 ans de la formation politique, mais surtout poser les jalons d’un programme qui pourrait permettre d’éventuellement accéder au pouvoir. Le parti devait se préparer à être une réelle alternative au gouvernement.

Lors de cet évènement les militants ont choisi de maintenir le préambule de la constitution faisant référence à «l’application des principes socialistes démocratiques» plutôt que de le modifier pour une formule utilisant un langage plus actuel : «Le NPD croit que la justice sociale, l’égalité et la durabilité environnementale sont essentielles pour bâtir un Canada solide, uni et prospère pour tous.» Est-ce une indication de ce qui pourrait se produire pour le choix du chef?

Chose certaine, la bataille devrait s’intensifier dans les prochains jours. Les membres du NPD choisiront le successeur de Jack Layton le 24 mars. Il faut souhaiter que ce dernier mois soit un peu plus palpitant, sinon le NPD risque de retomber rapidement dans l’oubli.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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