Ça brasse en politique. Aucun palier n’y échappe. Fédéral, provincial, municipal : la nouvelle foisonne à tous les niveaux. Le portrait change d’heure en heure. C’est à croire qu’on assiste à un réalignement de la planète politique.

Le maire intérimaire de Montréal a été arrêté. Jean-Martin Aussant, un des chefs qui ont marqué l’élection québécoise de 2012, a démissionné. Et plus simplement, la session parlementaire s’est terminée à Ottawa. Geste banal, attendu à quelques heures près, et pourtant… Cette fin de session semble aussi marquer un changement de tendance.

Cette période parlementaire s’est amorcée dans la tourmente avec les manifestations du mouvement Idle No More. Elle se termine toujours dans la tourmente. Toutefois, la source a changé. Un contexte digne d’un polar qui met en scène des dépenses de sénateurs, l’intervention du cabinet du premier ministre, un chèque de 90 000 $ et l’intervention de la GRC. Le portrait qui reste dans la tête des citoyens n’a rien de très reluisant. Ce qui est critique pour Stephen Harper, c’est que cette fois – et pour une première fois –, il est au centre de la tornade. Les sondages indiquent que seuls 13 % des Canadiens croient ses explications concernant le Duffygate. Pire, une majorité le blâme pour sa gestion de la crise. Seul réconfort, il y a davantage de répondants qui disent accorder plus d’importance à l’économie qu’à cet enjeu. Mais attention, la marge est mince.

Pour passer à autre chose, le premier ministre aurait sûrement aimé revenir du G-8 et de sa tournée en Europe avec quelques gains du côté de l’entente du libre-échange avec l’Union européenne. Il est revenu les mains vides. Il faudra donc trouver autre chose pour infléchir l’opinion publique.

De leur côté, les chefs de l’opposition auront aussi des devoirs d’été à faire. Justin Trudeau devra trouver son ton et sa direction. Très populaire, il devra matérialiser son potentiel. Quant à Thomas Mulcair, il devra s’imposer comme une solution de rechange crédible aux conservateurs.

Tous les acteurs doivent profiter de la relâche pour penser à leur positionnement afin de trouver écho auprès de l’électorat. Avec des élections à date fixe, on connaît déjà la date. En septembre, il restera à peine deux ans pour s’aligner.

Se termine probablement une des semaines politiques les plus intenses qu’on ait connues. Ce qui laisse présager un été fort intense en réalignement. Les conservateurs vivront un congrès et très possiblement un remaniement. Ce ne sera sûrement pas suffisant pour effacer les traces des derniers mois tumultueux. Le début d’un réalignement des planètes… Une chose est sûre, Montréal aura encore un nouveau maire la semaine prochaine.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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