Il y a le chocolat équitable, le café équitable, alors pourquoi pas le parlement équitable? En démocratie, après tout, il est naturel de s’attendre à ce que, dans un parlement, la volonté citoyenne soit représentée automatiquement et fidèlement après une élection.

D’ailleurs, dans un monde idéal, le Québec aurait déjà modifié son mode de scrutin pour intégrer des éléments de représentation proportionnelle afin de s’assurer que chaque vote compte vraiment sur le plan du nombre de députés.

Il fut un temps où les choses étaient simples pour certains partis bien établis. L’alternance du bipartisme avait créé certains automatismes. Quand c’était à votre tour d’être dans l’opposition, vous posiez les questions et, une fois de retour au pouvoir, les rôles s’inversaient. C’est comme si la vie parlementaire se déroulait en noir et blanc.

Depuis déjà plusieurs années, la population du Québec envoie des représentants de plusieurs partis à l’Assemblée nationale. Le bipartisme est terminé depuis longtemps. Le 7 avril, elle a choisi d’envoyer un gouvernement fort et une opposition fragmentée à Québec.

Bien qu’il joue le rôle d’opposition officielle, le Parti québécois doit partager le temps et les ressources pour refléter l’esprit du vote. Cela s’appelle la démocratie. D’ailleurs, ce qu’il y a de plus précieux dans un parlement c’est le temps de parole. On n’appelle pas ça un parlement pour rien.

Ainsi, après plusieurs négociations et quelques grincements de dents, dont le boycott de la période des questions par le député de Lévis Christian Dubé, voilà qu’on semble être arrivé à des compromis de part et d’autre. On pourrait même parler d’un certain équilibre sur les trois éléments fondamentaux, soit le temps alloué à chacun des partis durant la période des questions, la formation des commissions et les budgets.

Tout n’est pas parfait, mais la Coalition avenir Québec et Québec solidaire ont obtenu une représentativité qui tient davantage compte de la proportion de leur soutien dans la population. Après tout, le PQ n’a obtenu que 2 % de plus que la CAQ. Québec solidaire représente également un courant légitime et qui doit avoir voix au chapitre.

Personne ne manifestera dans la rue pour que les choses soient modifiées dans le règlement de l’Assemblée. Pour l’adapter au multipartisme, il faut pourtant retrouver une formule qui évite les sagas et les négociations sans fin. Il serait temps que l’on revoie les mécanismes afin de tenir compte de l’évolution des convictions de l’électorat de manière durable et équitable.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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