Nos députés ont recommencé à siéger à l’Assemblée nationale. Cette reprise des travaux s’effectue dans un climat de confusion. Le gouvernement n’a pas su expliquer ses objectifs. On a l’impression qu’il coupe pour couper et que l’atteinte de l’équilibre budgétaire est devenue un objectif en soi. Bref, il a perdu le contrôle du message. Pour preuve, 62 % des Québécois ne croient pas que le gouvernement atteindra sa cible.

Finie l’austérité, oups, pardon, la rigueur… Place à la relance économique. En ce début de session parlementaire, le gouvernement libéral tente encore d’imposer un nouveau vocabulaire pour qualifier son plan de match. La relance sera dorénavant à l’ordre du jour, nous dit-on. Ce n’est pas une mauvaise chose. Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour qu’on assimile le nouveau langage.

Au-delà des mots, il faudra trouver la cohérence dans l’action. Les bottines et les babines, ça vous dit quelque chose? Après avoir réduit de 20 % de nombreuses aides fiscales pour les entreprises, invoquant de potentielles iniquités, voilà que le ministre des Finances annonce, avant même de rendre public le rapport Godbout sur la fiscalité, une nouvelle aide gouvernementale. Magique. Comme sortie d’un chapeau.

On se serait plutôt attendu à ce que la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise fasse connaître ses conclusions avant que le gouvernement mette de l’avant un congé fiscal équivalent à 15 % pour les investissement de 100 M$.

Même chose dans le dossier de la lutte à l’intégrisme – oups, encore une fois pardon. On se doit maintenant de marteler les termes de sécurité et de radicalisation. Cette fois, loin de perdre la guerre des mots, on est davantage dans l’autocensure.
À une époque pas si lointaine où il présentait le rapport Ouimet, M. Couillard disait comprendre l’inquiétude face à la montée de l’intégrisme religieux. Il voulait doter le Québec d’un organisme qui documenterait, étudierait, mesurerait et publierait les résultats de ses travaux sur les manifestations de l’intégrisme. Il parlait à ce moment d’une position claire, ferme et adoptée qui recevait l’assentiment des membres du caucus libéral.

Bien que ce soit aux actions et aux résultats qu’on juge les discours, jouer sur les mots ne doit pas devenir une habitude pour le gouvernement. On risque de perdre son latin à tenter de le suivre. La bataille du vocabulaire est plus difficile à gagner qu’il n’y paraît. Pour gagner la bataille des mots, on doit être cohérent. On doit parler d’une seule voix. On doit surtout appuyer ses dires sur des résultats concrets. C’est ce qu’on attend toujours.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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