Il n’y a pas eu de K.-O. lors du premier débat qui réunissait à Trois-Rivières les candidats à la direction du Parti québécois. S’il n’y a pas eu de véritable gagnant, ce débat a cependant permis de constater que l’ère Marois est bel et bien terminée. Tous les candidats ont été clairs sur leur désir d’indépendance.

Même le thème du débat, le développement économique, leur a permis de positionner le «Québec- pays» comme l’outil privilégié de la prospérité. Bref, ils mettent le cap sur l’indépendance à visière levée et de façon décomplexée. Finie la peur de parler d’indépendance. Finies les formules alambiquées. Pas d’affirmation nationale ou de gouvernance souverainiste qui positionnaient la souveraineté sur le long terme.

La formule retenue par le PQ est plus rigide que les débats qui se déroulent habituellement entre les chefs de partis. Malgré tout, Pierre Karl Péladeau a été la cible de ses adversaires sur des dossiers pointus touchant directement le cœur du thème du jour. La stratégie du meneur aura été la même qu’avec les journalistes qui lui posent plus d’une question en conférence de presse, soit de ne pas répondre.

La stratégie adoptée par PKP est dangereuse. Elle soulève des questions sur son attitude. Cela dénote-t-il de l’arrogance? Un manque de compétence ou un désir de contrôler son message? On aurait aimé entendre la vision du meneur sur la réforme du Code du travail et la loi antibriseurs de grève, ou encore sur l’évitement fiscal. De telles questions posées par ses adversaires sont légitimes.

Outre ces épisodes de malaise, plusieurs sujets auront illustré que les cinq candidats sont d’accord sur bien des sujets. L’électrification des transports, l’utilisation de l’électricité pour les entreprises alimentaires, la transformation des ressources naturelles en sol québécois, l’encadrement de la taxation pour le commerce électronique. Bref, aucun n’hésiterait à intervenir dans l’économie.

Le débat a illustré que Martine Ouellet, la plus studieuse, connaît ses dossiers sur le bout de ses doigts. Que Bernard Drainville a le sens du punch et de la formule. De son côté, Pierre Céré est l’empêcheur de tourner en rond qui n’hésite pas à dire à utiliser des phrases-chocs. Le jeune premier, Alexandre Cloutier risque plutôt de souffrir du syndrome Mario Dumont. Le candidat qu’on aime, qui arrive avec de la nouveauté, à qui on dit que ce sera pour la prochaine fois.

Une chose est certaine, cela n’aura pas été le moment où PKP se sera révélé. Il aura été la plupart du temps à la remorque des autres candidats pour positionner sa vision. Il a dit être nerveux pour ce premier débat. Sans souplesse, la plupart du temps, il s’est référé à ses notes, contrairement à ses adversaires qui avaient de l’aisance sur les différents dossiers. S’il ne s’améliore pas d’ici le prochain débat, les militants du PQ risquent de rester sur leur appétit.

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