Les finances du Québec sont enfin équilibrées. Toutefois, il faut y regarder de plus près pour réaliser que malgré les promesses du premier ministre Couillard, il reste encore du travail pour assurer que les efforts livrent des résultats durables. Les nouvelles de cette opération budgétaire ne viennent pas tant du budget des revenus que de celui des dépenses. On réalise vite que pour l’instant, ce sont les coupes paramétriques qui permettront d’atteindre l’objectif du déficit zéro.

L’objectif de la croissance des dépenses de 1,2% représente du jamais vu dans le Québec contemporain. Entre 2003 et 2014, on parlait en moyenne d’une croissance de 4%. L’an dernier, d’un taux de 2,1%. Ce sera un défi de taille de s’y limiter. Il faudra continuer de réduire les dépenses, dont plus de 120M$ dans l’enseignement supérieur. Ce qui, en soi, ampute l’avenir.

La capacité de rénover de manière durable l’État reste à prouver. Plusieurs chantiers sont en cours. Le rapport de la Commission de révision permanente des programmes devrait livrer le fruit de son travail d’ici juin. Ce qui signifie que le changement, ou encore le «faire autrement», reste à venir. Il faudra aussi ajouter à ces efforts les effets des coupes annoncées dans le dernier budget, celles qui furent discutées, en plus de connaître des coupes additionnelles.

Donc, si ce budget devait être celui de la relance économique et des entreprises, il ne parvient pas à convaincre totalement. La croissance de l’économie devrait se limiter, selon le gouvernement, à un maigre 2%, au mieux. Le plan économique proposé nous indique bien certaines directions sur la vision à long terme, mais les moyens pour y parvenir sont limités ou n’agissent qu’à long terme.

Le président du Conseil du Trésor l’avoue candidement, il faudra bâtir une marge de manœuvre avec un contrôle plus strict des dépenses afin de réinvestir plus tard dans les priorités de l’État. Et comme le mentionne Nicolas Marceau, du PQ, on corrige plusieurs erreurs du dernier budget en bonifiant certains crédits d’impôts, notamment dans le secteur du jeu vidéo.

Finalement, Carlos Leitão nous confirme qu’on est encore loin des prairies verdoyantes… Contrairement à ce qui avait été promis en campagne électorale, il faudra attendre 2019 pour voir disparaître complètement la taxe santé. Une hausse des taxes scolaires et municipales est également en vue. Cela fait dire à la CAQ que les contribuables ne sortent pas gagnants de ce budget.

Entre-temps, il y aura sans doute un effet boomerang qui plombera l’appui aux libéraux dans l’opinion publique. Espérons qu’il n’y aura pas aussi d’effet boomerang pour plomber encore davantage l’économie.

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