Pour François Legault, le pays imaginaire du PQ nuit au pays réel. Pour Philippe Couillard, le Parti québécois choisit de vivre dans un monde imaginaire et mise sur des enjeux imaginaires. Et finalement, pour le PQ, c’est le Canada qui est un pays imaginaire. Pourtant, les enjeux auxquels fait face le Québec sont loin d’être une vue de l’esprit.

La campagne à la direction du Parti québécois a non seulement mené à l’élection de Pierre Karl Péladeau à la tête du parti, mais elle a aussi décomplexé l’option indépendantiste. Exit la gouvernance souverainiste, le nouveau chef du PQ ne manque pas une occasion de rappeler qu’il souhaite faire du Québec un pays. Il a d’ailleurs profité de sa première question à titre de chef de l’opposition pour réaffirmer son option.

L’arrivée de PKP ne veut pas nécessairement dire que seul l’axe fédéraliste-souverainiste prévaudra dans la grille de décision des électeurs. Si, pour un moment, lors de la dernière campagne électorale, on a cru être retourné dans un temps passé où le bipartisme avait la cote, la polarisation n’a pas opéré. À la fin, les Québécois ont opté une fois de plus pour un parlement multicolore.

Les Québécois ont goûté au multipartisme. Aujourd’hui, l’Assemblée nationale compte quatre formations politiques qui présentent chacune des visions du Québec qui les distinguent. Il y a des zones de proximité, c’est vrai, mais les électeurs ont
le choix.

Dans le pays imaginaire de l’électeur, le parti politique de son choix l’emporterait à toutes les élections. Mais, plus réalistement, on souhaite évidemment que le mode de scrutin change pour respecter l’évolution de l’opinion publique.

Le PQ n’a plus le monopole du discours souverainiste. Lorsque Pierre Karl Péladeau dit vouloir rassembler tous les souverainistes sous la bannière du PQ, il fait fi de la réalité politique contemporaine. Le Parti québécois n’est plus la coalition qu’il était au moment de sa fondation. Les électeurs cherchent plus qu’une option constitutionnelle.

Québec solidaire est aujourd’hui une option légitime. Il s’agit d’un parti qui s’institutionnalise d’élection en élection. Il a même accru sa représentation à l’Assemblée nationale. Option nationale porte également un projet politique différent de celui du Parti québécois.

En remettant le cap sur l’indépendance, Pierre Karl Péladeau fait le pari que son option saura rallier. Plusieurs vétérans du Parti québécois voient en lui leur dernière chance de réussir le pays du Québec. Il s’agit d’une lourde responsabilité. Il faut donner la chance au coureur. Cependant, il faudra tenir compte du fait que le Québec a bien changé depuis le moment de la fondation de la formation politique dans les années soixante. Il s’agit d’une société, comme plusieurs dans le monde, qui s’est diversifiée politiquement. C’est le Québec réel.

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