Quand ça va mal, ça va mal. Ces jours-ci, l’expression doit résonner dans les oreilles de l’équipe conservatrice. Stephen Harper croyait sûrement que le procès Duffy ne serait qu’un bruit de fond dans la présente campagne électorale, mais il en va autrement. L’ancien chef de cabinet du premier ministre Harper a beau tenir la ligne, les questions de l’avocat de Mike Duffy portent. Donald Bayne ne manque pas une occasion de lancer la presse sur de nouvelles pistes pour illustrer les efforts de l’entourage du PM pour mettre un terme à l’affaire.

On avait dit que les conservateurs avaient probablement déjà payé le prix politique de l’affaire Duffy, à moins qu’on apprenne que le premier ministre savait. Nous n’y sommes pas encore, mais de toute évidence bien des gens savaient que Nigel Wright avait signé le chèque pour rembourser les dépenses illégales du sénateur.

Les cercles restreints étaient donc plus larges que ce que nous avait laissé croire Stephen Harper. Sans compter que son chef de cabinet actuel, Ray Novak, un joueur-clé de son équipe, était dans le coup, selon les témoignages déposés par la GRC.

Il est vrai que la campagne est encore jeune, mais les chiffres sont loin d’être encourageants pour le gouvernement sortant. Le dernier sondage CROP place les conservateurs dans une position difficile, loin derrière, au Québec. Eux qui étaient bons premiers dans la région de Québec se font maintenant doubler. En campagne, il est difficile de remonter une tendance descendante.

Chaque jour, avec la constance du jardinier, Stephen Harper présente ses engagements sans que l’écho des médias y donne suite. Chaque jour cette semaine, les questions des journalistes ont porté sur l’affaire Duffy. On a beau trier ses militants sur le volet pour s’assurer que tout baigne, rien n’y fait. Quand ce n’est pas un militant qui invective des journalistes, il s’en trouve d’autres pour dire que finalement leur choix ne s’arrêta pas sur Stephen Harper cette fois. Quand ça va mal…

On peut encore se demander si le premier ministre aura fait le bon choix en décidant de se lancer dans l’arène électorale si hâtivement. Évidemment, on ne le saura jamais. Stephen Harper n’aurait sans doute pas eu à faire face à la même pression quotidienne. Le supplice de la goutte du procès Duffy n’aurait pas été aussi intense. Il aurait certes dû répondre à des questions, mais pas subir le feu nourri de ses opposants.

Il reste encore deux longs mois à la campagne électorale. Le choix de bon nombre de Canadiens n’est pas encore fixé. Les conservateurs espèrent donc avoir le temps de reprendre le contrôle de l’agenda. Or, pendant ce temps, l’idée d’un premier gouvernement néo-démocrate de l’histoire du Canada fait son bonhomme de chemin.

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