Le départ de deux députés libéraux relance le débat sur les primes versées aux élus qui quittent la politique en cours de mandat. En même temps, le troisième vice-président et doyen de l’Assemblée nationale propose de civiliser les débats durant la période de questions. Deux dossiers qui touchent directement la confiance envers les élus. Deux dossiers pour lesquels les solutions existent, mais qui souffrent du manque de bonne volonté pour mettre ces solutions en application. Deux dossiers qui doivent se retrouver en haut de la liste des devoirs des députés à la veille de la rentrée parlementaire.

Depuis l’élection d’avril 2014, pas moins de six députés ont décidé de quitter leur fonction. Cette hémorragie est intimement liée avec la perception qu’ont les gens du rôle de député. Les coûts qu’occasionnent ces départs ne sont pas anodins.

Gérard Deltell a d’ailleurs tenté de minimiser au maximum les contrecoups financiers en renonçant à certains avantages. De même, Christian Dubé et Élaine Zakaïb ont renoncé à leur prime de départ. À l’autre bout du spectre, Yves Bolduc l’a reçue, et les deux nouveaux démissionnaires Gilles Ouimet et Marguerite Blais comptent s’en prévaloir.

Ce cas par cas ne peut plus fonctionner. Tous les partis tirent la couverte de leur côté. Un projet de réforme à coût nul a pourtant été proposé par un comité en novembre 2013. Depuis, sa mise en application ne cesse d’être reportée. Et chaque fois qu’un député s’en va et profite de la fameuse prime de départ, on retombe dans le psychodrame.

Il en va de même pour la réforme de la période de questions. Ce n’est pas d’hier qu’on en parle. Le temps de faire de cette période un réel moment de contrôle du gouvernement et non un cirque politique est venu. L’événement politique le plus médiatisé dans une journée de session parlementaire occupe tellement d’espace médiatique qu’il occulte le reste du travail du député. Combien de fois a-t-on promis de changer le ton? Mettre fin aux applaudissements est un symbole, mais la réforme nécessaire doit se faire bien plus en profondeur.

Car il faut le dire, plusieurs tentatives ont été faites sans succès. On a parlé du député Pagé, on peut aussi mentionner le petit caucus de l’ADQ dont je faisais partie qui, en 2002, avait pris la décision de ne pas applaudir à la suite des interventions des collègues. Cela n’a pas créé l’effet d’entraînement escompté.

On peut s’inspirer de ce qui se fait ailleurs. En Grande-Bretagne, le premier ministre ne répond aux questions que le mercredi. Le reste du temps, ce sont les ministres qui répondent. Oui, ils répondent à des questions déposées par écrit, à l’avance par les partis d’opposition. Les Anglais diront sûrement que ce n’est pas parfait, mais c’est un début.

Les habitudes bien ancrées sont difficiles à changer. Il est temps d’aller au-delà des paroles et d’agir globalement. Les cent vingt-cinq membres de l’Assemblée sont interpellés, mais aussi tous ceux et celles qui couvrent ou commentent la politique. Mettons ces enjeux sur la liste de devoirs de la rentrée parlementaire.

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